Why We Should all Become Public Historians

Pourquoi Nous Devrions Tous Devenir des Historiens Publics | Warum wir alle Public Historians werden sollen


Comme l’a récemment démontré le succès de la conférence 2016 de la Fédération Internationale d’Histoire Publique en Colombie, l’histoire publique devient de plus en plus populaire à travers le monde. Cette popularité suscite de nombreuses questions sur le futur de l’histoire publique. Certains historiens souhaitent la création de programmes spécifiques d’histoire publique, tandis que d’autres sont incertains quant aux limites d’une telle expansion. Nous sommes à un tournant de l’histoire publique et il nécessaire de considérer la possibilité que tous les historiens deviennent des historiens publics.

Les Programmes d’Histoire Publique

Dans un article récent, Joana Wojdon explique le besoin de créer des programmes spécifiques d’histoire publique.[1] A l’opposé, certains historiens américains se demandent s’il n’existe pas trop de programmes universitaires d’histoire publique.[2] Ces deux positions proviennent cependant de contextes très différents. L’histoire publique émerge en Europe alors qu’il existe plus de 200 programmes en Amérique du Nord. Toutefois ces deux constats questionnent les relations entre l’histoire publique et la formation universitaire en histoire.

Les programmes d’histoire publique permettent de mieux reconnaitre le travail et la qualité des historiens qui travaillent en dehors des cercles universitaires. En outre, on ne nait pas historien publique, on le devient. Monter une exposition, faire de l’histoire orale, ou organiser une collection requière certaines compétences. Les programmes d’histoire publique peuvent également mieux relier les universités avec leurs communautés. Par exemple, vingt universités nord-américaines ont participé au projet States of Incarceration: A National Dialogue of Local Histories qui explore l’explosion du nombre de prisons et de prisonniers aux Etats-Unis. Toutefois, même si ces compétences et ces projets confirment la nécessité de créer des programmes d’histoire publique, tout historien devrait pouvoir mettre en avant ses compétences dans le domaine public.

Nous Devrions Tous Devenir des Historiens Publiques

L’argument peut sembler naïf puisque l’histoire publique n’est encore que très peu connue. L’historien américain Ted Karamanski rappelle que dans les années 1980, l’objectif dess historiens publics était de réformer les pratiques pour l’ensemble de la profession.[3] Bien qu’il admette que cela s’est avéré trop optimiste, de nombreuses opportunités existent. La création de programmes d’histoire publique n’est qu’une étape dans l’essor des humanités publiques. Le Centre pour les Humanités Publiques de l’Université Brown est un très bon exemple d’une histoire publique comme étendard d’un tournant plus général pour la collaboration entre universitaires et leurs publics.

Outre des programmes spécifiques, l’histoire publique peut intégrer les formations universitaires par l’intermédiaire de cours ou de projets. Même des cours généraux d’introduction à l’histoire peuvent inclure des pratiques d’histoire publique telles que des projets numériques ou d’histoire orale. Explorer et améliorer les relations que les historiens entretiennent avec leurs audiences et partenaires devraient faire partie des formations universitaires. A l’image des historiens numériques qui ont su repenser les liens avec leurs audiences en raison de l’essor de l’internet 2.0 – dans lequel les utilisateurs sont aussi des participants – les formations universitaires devraient utiliser l’histoire publique pour repenser le rôle de l’historien. Partager une autorité de production avec le publique n’affaiblit pas l’historien, bien au contraire cela le rend capable d’avoir un impact dans les débats publics.

Théorique et Pragmatique: Un Nouveau Profil d’Historien

En devenant tous des historiens publics, nous pouvons également réconcilier la théorie et la pratique. Les liens – et parfois l’opposition stricte – entre la théorie et la pratique sont un sujet ancien de discussion. En 1984, tout en analysant les applications de l’histoire, l’historien français Henry Rousso opposait une sorte de pragmatisme américain à une approche française plus théorique.[4] Cependant, l’internationalisation de l’histoire publique a atténué cette opposition. En 2013, un groupe international de travail composé d’historiens publics a discuté des possibilités de réconcilier théorie et pratique.[5] Ils ont mis en avant le fait que la formation à l’histoire publique se fonde sur une capacité d’autoréflexion qui ne cesse de questionner le rôle de l’historien. Il est ainsi tout-à-fait possible de proposer l’histoire publique comme composante de cours universitaires d’épistémologie, de méthodologie, et/ou de didactique de l’histoire.[6]

Plutôt que d’opposer théorie et pratique, les historiens publics peuvent s’attarder sur les influences mutuelles. Pour cela, il est nécessaire de proposer des cours qui s’appuient sur des projets d’histoire publique. Ces cours offrent aux étudiants l’opportunité à la fois de découvrir mais aussi d’appliquer les approches théoriques. Les cours d’histoire publique peuvent ainsi être divisés en trois parties : théories, pratiques, et nouvelles théories. Après avoir lu et discuté les théories, les étudiants peuvent mettre en pratique leurs connaissances et découvrir les défis de l’histoire publique au travers des projets. Toutefois, l’histoire publique ne se résume pas à une application des théories mais offre également la possibilité de re-théoriser la discipline. Dans un travail final, les étudiants peuvent reconsidérer les théories de la discipline – histoire orale, archivage, film documentaire etc. – à partir de leurs récentes expériences pratiques. Par exemple, les pratiques numériques telles que le crowdsourcing offrent de nouveaux exemples dans lesquels les publics participent à la production historique.[7] Un enseignant d’histoire publique pourrait demander à ses étudiants de mettre en pratique les théories de gestion de collections muséales grâce à un projet participatif – crowdsourcing – de numérisation. Les étudiants auraient alors à écrire un travail final dans lequel ils proposent une re-théorisation de la muséologie – et du rôle de l’historien – fondée sur leurs expériences des nouveaux outils numériques permettant la participation du public.

En réconciliant la théorie et la pratique tout en collaborant avec les publics, les historiens peuvent devenir des acteurs majeurs des débats publics. Peut-être moins visibles que la création de programmes spécifiques d’histoire publique, cette diffusion des pratiques à toute la profession pourrait amener à l’essor d’humanités publiques et participatives.

_____________________

Lectures supplémentaires

  • Cauvin, Thomas, Public History: A Textbook of Practice, New York/London: Routledge, 2016.

Resources sur le web

_____________________

[1] Joana Wojdon “Do We Need Public History Programs?” in Public History Weekly, 33/4, 2016, https://public-history-weekly.degruyter.com/4-2016-33/do-we-need-public-history-study-programs/(consulté le 12 Decembre 2016).
[2] Robert R. Weyeneth and Daniel J. Vivian “Public History Pedagogy: Charting the Course: Challenges in Public History Education, Guidance for Developing Strong Public History Programs” in The Public Historian, 38/3, 2016, pp. 25-49 (26).
[3] Ted Karamanski “Comment to Joana Wojdon” in Public History Weekly, 33/4, 2016, https://public-history-weekly.degruyter.com/4-2016-33/do-we-need-public-history-study-programs/ (consulté le 12  Decembre 2016).
[4] Henry Rousso, “L’histoire appliquée ou les historiens thaumaturges.” Vingtième Siècle, 1/1, (1984), 105-122.
[5] National Council on Public History, Working Group: Teaching Public History, Ottawa, 2013, http://ncph.org/wp-content/uploads/Teaching-Public-History-Case-Statements.pdf (consulté le 12  Decembre 2016).
[6] Marko Demantowsky, “Practice vs. Theory and Rüsen’s New Historik” https://public-history-weekly.degruyter.com/1-2013-14/praxis-vs-theorie-und-ruesens-neue-historik/ (consulté le 12  Decembre 2016).
[7] Brennan et Kelly explorent le changement du role de l’historien public au travers des projets numériques de participation publique, par exemple la Hurricane Digital Memory Bank. Sheila A. Brennan and T. Mills Kelly “Why Collecting History Online is Web 1.5” Center for History and New Media, Case Study, March 2009, http://ebot.gmu.edu/bitstream/handle/1920/9808/WhyCollectingHistoryOnlineisWeb1-5.pdf?sequence=1&isAllowed=y (consulté le 12  Decembre 2016).

_____________________

Crédits illustration
Historian in the Community: History Harvest in Louisiana © Thomas Cauvin

Citation recommandée
Cauvin, Thomas: Public History at a Crossroads. Why We Should all Become Public Historians? In: Public History Weekly 4 (2016) 42, DOI: https://dx.doi.org/10.1515/phw-2016-7934.

Responsabilité éditoriale
Dominika Uczkiewicz / Krzysztof Ruchniewicz

Copyright (c) 2016 by De Gruyter Oldenbourg and the author, all rights reserved. This work may be copied and redistributed for non-commercial, educational purposes, if permission is granted by the author and usage right holders. For permission please contact: elise.wintz (at) degruyter.com.

As shown by the success of the 2016 International Federation for Public History’s conference in Colombia, public history is becoming more popular, worldwide, every year. This popularity triggers questions and discussion about the future of the field. Some historians argue for more specific public history programs, others question the limits to the expansion. We are at a crossroads for the spread of public history and we need to consider the possibility that we could all become public historians.

Public History Programs

In a recent article, Joana Wojdon explains that we need more specific public history programs.[1] On the other hand, some scholars in the United States wonder whether “there are now too many public history programs in colleges and universities”.[2] These opposite points of view may first be explained by the different contexts. Public history is an emerging field in Europe, whereas there are more than 200 programs in North America. However, both statements question the relationships between public history and the historical profession as a whole.

Public history programs are necessary to acknowledge the work of historians working outside universities. Besides, there is no “natural-born” public historian. Designing an exhibit, writing panels, doing oral history, archiving private papers, or creating an online collection require specific tool and skills. Public history programs also contribute to (re)connecting universities with their local communities. For instance, under the leadership of the Humanities Action Lab (New School, NYC), twenty North American universities have participated in States of Incarceration: A National Dialogue of Local Histories that explores the numerical explosion of prisons and incarcerated people in the United States. Even though such skills and examples confirm Wojdon’s argument, all historians should be encouraged to develop their public history skills.

We Should All Become Public Historians

This title may sound naïve when, let’s face it, very few people know what public history is. In his reply to Wojdon, the American historian, Ted Karamanski, recalls that the goal of the founders of the public history movement in the United States in the 1970s was to reform the way history was practiced across the entire profession.[3] Although he argues that it proved to be overly optimistic, some evidence and arguments prove otherwise. There is definitely room for public history to contribute to a larger shift in the history profession. The creation of specific public history programs should be only one step in the broader development of public humanities. The Center for Public Humanities at Brown University is a good example of how public history can lead to a deeper change in the way scholars engage and collaborate with audiences.

Public history can infiltrate liberal arts and humanities through specific courses, assignments, and/or projects. Even general history survey courses could include digital and/or oral history projects, as well as require papers on the public uses of the past. The relationships between scholars and the public (as audiences and partners) could be part of any history training. Indeed, the role and work of historians in our societies have changed tremendously in the past twenty years, due partly to new media, and it requires appropriate training. The rise of the Web 2.0 – in which a user is also a contributor – forces digital historians to reconsider the links with audiences. The fact that public history asks students to be equipped to communicate and share their research, as well as to propose new theories of interaction between the different actors of history production, is a real asset for the humanities at large. Sharing authority with the public does not weaken the historian’s expertise but make him/her stronger by being part of the community.

Theoretical and Practical: The Profile of the New Historian

We should all become public historians; it would help to reconcile theory and practice. The links between theory and practice are all but a new topic of discussion. In 1984, while exploring the applications of the past, the French historian, Henry Rousso, compared a kind of American pragmatism with a more theoretical approach in France.[4] However, the recent internationalization of public history has smoothened this opposition. In 2013, an international working group of public historians explored ways to reconcile theory and practice.[5] They explained that teaching public history is based on self-reflectivity and constantly questions the role of historians. In doing so, public history projects, courses, and assignments can be integrated into regular courses on historiography, methodology, and/or didactics.[6]

Teaching public history makes the relationships between theory and practice more complex. Instead of contrasting the two, public historians explore how theory and practice relate to each other. Thanks to project-oriented courses, students can explore and apply theory through hands-on experiences. Courses can be divided into three parts: theory, practice, and new theories. Following the reading and discussion of theory, the projects and applications help students to understand the challenges of applying history to specific sites or issues. Students can also be asked to offer new considerations of the field through a final act of theorizing. In this assignment, students propose new and more personal theories – on the topic of the course, oral history, archiving, or documentary films and so on – informed by their recent practical experiences. For example, a digital practice such as crowdsourcing offers new opportunities but also new roles for historians.[7] An instructor could ask students to apply theories of museums and collection management through a crowdsourcing project – asking public participation for the creation of a digital collection. Student would then have to write a final paper in which they re-theorize the use of digital tools and the role of historians in public participatory collection management.

Balancing theory and practice, and equipped to work for and with diverse audiences, historians can become powerful actors in public debates. While less visible than the creation of specific programs, the diffusion of public history practices throughout the whole profession may lead the way for the emergence of participatory public humanities.

_____________________

Further Reading

  • Cauvin, Thomas, Public History: A Textbook of Practice, New York/London: Routledge, 2016.

Web Resources

_____________________

[1] Joana Wojdon “Do We Need Public History Programs?” in Public History Weekly, 33/4, 2016, https://public-history-weekly.degruyter.com/4-2016-33/do-we-need-public-history-study-programs/ (last accessed 12 December 2016).
[2] Robert R. Weyeneth and Daniel J. Vivian “Public History Pedagogy: Charting the Course: Challenges in Public History Education, Guidance for Developing Strong Public History Programs” in The Public Historian, 38/3, 2016, pp. 25-49 (26).
[3] Ted Karamanski “Comment to Joana Wojdon” in Public History Weekly, 33/4, 2016, https://public-history-weekly.degruyter.com/4-2016-33/do-we-need-public-history-study-programs/ (last accessed 12 December 2016).
[4] Henry Rousso, “L’histoire appliquée ou les historiens thaumaturges.” Vingtième Siècle, 1/1, (1984), 105-122.
[5] National Council on Public History, Working Group: Teaching Public History, Ottawa, 2013, http://ncph.org/wp-content/uploads/Teaching-Public-History-Case-Statements.pdf (last accessed 12 December 2016).
[6] Marko Demantowsky, “Practice vs. Theory and Rüsen’s New Historik” in Public History Weekly, 14/1, 2013, https://public-history-weekly.degruyter.com/1-2013-14/praxis-vs-theorie-und-ruesens-neue-historik/ (last accessed 12 December 2016).
[7] See how Brennan and Kelly explore the changing role of public historians through online crowdsourcing projects, especially through the Hurricane Digital Memory Bank. Sheila A. Brennan and T. Mills Kelly “Why Collecting History Online is Web 1.5” Center for History and New Media, Case Study, March 2009, http://ebot.gmu.edu/bitstream/handle/1920/9808/WhyCollectingHistoryOnlineisWeb1-5.pdf?sequence=1&isAllowed=y (last accessed 12 December 2016).

_____________________

Image Credits
Historian in the Community: History Harvest in Louisiana © Thomas Cauvin

Recommended Citation
Cauvin, Thomas: Public History at a Crossroads. Why We Should all Become Public Historians? In: Public History Weekly 4 (2016) 42, DOI: https://dx.doi.org/10.1515/phw-2016-7934.

Editorial Responsibility
Dominika Uczkiewicz / Krzysztof Ruchniewicz

Copyright (c) 2016 by De Gruyter Oldenbourg and the author, all rights reserved. This work may be copied and redistributed for non-commercial, educational purposes, if permission is granted by the author and usage right holders. For permission please contact: elise.wintz (at) degruyter.com.

Wie der Erfolg der Konferenz der International Federation for Public History (IFPH) von 2016 in Kolumbien gezeigt hat, wird Public History Jahr für Jahr und weltweit zunehmend populärer. Diese Popularität löst Fragen und Diskussionen über die Zukunft dieses Arbeitsgebiets aus. Manche HistorikerInnen plädieren für mehr Public-History-Studiengänge, andere stellen die Grenzen der Expansion in Frage. Wir stehen an einem Scheideweg der Public-History-Expansion und müssen die Möglichkeit, dass wir alle Public Historians werden könnten, in Betracht ziehen.

Studiengänge im Bereich Public History

In ihrem letzten Artikel erklärt Joana Wojdon, dass wir mehr Studiengänge brauchen, die für Public History spezifisch sind.[1] Auf der anderen Seite fragen sich einige nordamerikanische WissenschaftlerInnen, ob “es nicht schon jetzt zu viele Public History-Studiengänge in Colleges und Universitäten gibt“.[2] Diese konträren Standpunkte könnten zunächst durch die unterschiedlichen Kontexte erklärt werden. Public History ist ein neu entstehendes Arbeitsgebiet in Europa; demgegenüber gibt es mehr als 200 Studiengänge in Nordamerika. Trotzdem hinterfragen beide Aussagen die Beziehungen zwischen Public History und dem ganzen Berufszweig Geschichte.

Public-History-Studiengänge sind für die Anerkennung der Arbeit, die HistorikerInnen außerhalb der Universitäten leisten, notwendig. Zudem gibt es keine HistorikerInnen “von Natur aus“. Eine Ausstellung entwerfen, Tafeln schreiben, Oral History betreiben, private Schriftstücke archivieren oder eine Online-Sammlung aufbauen, erfordert spezifische Werkzeuge und Fähigkeiten. Studienprogramme in Public History dienen auch dazu, Universitäten (wieder) mit ihren lokalen Gemeinden zu verbinden. Zum Beispiel nahmen unter der Führung des Humanities Action Lab (New School, NYC) 20 nordamerikanische Universitäten an dem Projekt States of Incarceration: A National Dialogue of Local Histories teil, das den sprunghaften Anstieg bei der Zahl von Gefängnissen und von inhaftierten Menschen in den USA untersucht. Auch wenn solche Fertigkeiten und Beispiele das Argument von Wojdon untermauern, sollten alle HistorikerInnen dazu ermuntert werden, ihre Kompetenzen in Public History zu entwickeln.

Wir alle sollten Public Historians werden

Diese Überschrift mag sich naiv anhören, denn seien wir ehrlich, nur sehr wenige Menschen wissen, was Public History ist. In seiner Antwort auf Wojdon erinnert der amerikanische Historiker, Ted Karamanski, daran, dass das Ziel der GründerInnen der Public-History-Bewegung in den USA in den 1970-er Jahren war, die Art, in der Geschichte quer durch den ganzen Berufszweig praktiziert wurde, zu reformieren.[3] Obwohl er argumentiert, dass dies reichlich optimistisch gewesen ist, beweisen einige Hinweise und Argumente das Gegenteil. Es gibt ganz bestimmt Möglichkeiten für die Public History, zu einer größeren Veränderung in diesem Berufsfeld beizutragen. Die Erstellung von spezifischen Studiengängen für Public History sollte nur ein Schritt in der weiteren Entwicklung von öffentlichen Geisteswissenschaften (Public Humanities) sein. Das Center for Public Humanities an der Brown Universität ist ein gutes Beispiel dafür, wie Public History zu einem umfassenden Wandel darin führen kann, wie WissenschaftlerInnen mit ihrem Publikum interagieren und kollaborieren.

Public History kann mit spezifischen Kursen, Aufgaben und Projekten die Geisteswissenschaften durchdringen. Selbst Übersichts-Kurse für allgemeine Geschichte könnten Projekte zu digitaler Geschichte oder Oral History einbeziehen und auch Studienarbeiten zu öffentlichen Verwendungen der Vergangenheit verlangen. Die Beziehungen zwischen WissenschaftlerInnen und der Öffentlichkeit (als Publikum und Partner) könnten Teil von jeder Ausbildung in Geschichte sein. In der Tat hat sich die Rolle und die Arbeit der HistorikerInnen in unseren Gesellschaften während der letzten 20 Jahren enorm verändert, teilweise wegen der neuen Medien, und dies erfordert dann eine angemessene Ausbildung. Das Aufkommen vom Web 2.0 – wo Nutzende gleichzeitig Produzierende sind – zwingt digitale HistorikerInnen dazu, die Verbindungen mit ihrem Publikum neu zu überdenken. Die Tatsache, dass Public History von Studierenden verlangt, dass sie ihre Forschung kommunizieren und teilen und dass sie neue Theorien zur Interaktion unterschiedlicher Akteure bei der Herstellung von Geschichte vorschlagen können, ist ein echter Gewinn für die Geisteswissenschaften im Allgemeinen. Die Autorität mit der Öffentlichkeit zu teilen, schwächt das Expertentum der HistorikerInnen nicht, sondern stärkt dieses eher durch die Zugehörigkeit zur selben Gemeinschaft.

Das Profil der neuen HistorikerInnen

Wir alle sollten Public Historians werden; es würde helfen, Theorie und Praxis in Einklang zu bringen. Die Verbindungen zwischen Theorie und Praxis sind alles andere als ein neues Gesprächsthema. Im Jahre 1984, als der französische Historiker Henry Rousso die Verwendungen der Vergangenheit untersuchte, verglich er den amerikanischen Pragmatismus mit einer eher theoretischen Vorgehensweise in Frankreich.[4] Allerdings hat die jüngste Internationalisierung von Public History diesen Gegensatz geglättet. 2013 suchte eine internationale Arbeitsgruppe von Public Historians nach Wegen, Theorie und Praxis zusammen zu führen.[5] Sie erklärten, dass das Lehren von Public History auf Selbstreflexion basiert und die Rolle von HistorikerInnen ständig in Frage stellt. Auf dieser Weise können Projekte, Kurse und Aufgaben zu Public History in reguläre Kurse für Historiographie, Methodologie und/oder Didaktik integriert werden.[6]

Das Unterrichten von Public History macht die Beziehungen zwischen Theorie und Praxis komplizierter. Statt beide miteinander zu vergleichen, untersuchen Public Historians wie Theorie und Praxis verknüpft sind. Dank projektorientierten Kursen können Studierende mithilfe ihrer praktischen Erfahrungen Theorie untersuchen und anwenden. Kurse können dreigeteilt werden: Theorie, Praxis und neue Theorien. Nachdem über Theorie gelesen und diskutiert wurde, helfen die Projekte und Anwendungen den Studierenden die Herausforderungen zu verstehen, die aus der Anwendung von Geschichte für bestimmten Orte oder Fragestellungen entstehen. Studierende können auch gebeten werden, durch eine abschließende Theoretisierung neue Überlegungen zum Arbeitsfeld anzubieten. Bei dieser Aufgabe schlagen Studierende neue und mehr persönliche Theorien vor – zum Thema des Kurses, zu Oral History, zu Archivierung oder Dokumentarfilmen usw. – die auf ihre kürzlich gemachten Erfahrungen basieren. So bietet eine digitale Praxis wie Crowdsourcing den HistorikerInnen nicht nur neue Möglichkeiten, sondern auch neue Rollen.[7] Lehrende könnten Studierende beauftragen, Theorien zu Museen und zur Verwaltung von Sammlungen in einem Crowdsourcing-Projekt anzuwenden – indem die Öffentlichkeit zur Mitwirkung am Aufbau einer digitalen Sammlung eingeladen wird. Die Studierenden müssten dann eine Abschlussarbeit schreiben, in der sie die Verwendung von digitalen Werkzeugen und die Rolle von HistorikerInnen bei der öffentlichen und partizipatorischen Verwaltung von Sammlungen erneut theoretisieren.

Wenn sie Theorie und Praxis ausbalancieren und mit der Fähigkeit ausgestattet sind, für und mit unterschiedlichen Zielgruppen zu arbeiten, können HistorikerInnen leistungsstarke Akteure in öffentlichen Debatten werden. Obwohl weniger augenfällig als die Erstellung von spezifischen Studiengängen könnte die Verbreitung von Praktiken der Public History über das ganze Berufsfeld zu der Entstehung von partizipatorischen öffentlichen Geisteswissenschaften führen.

_____________________

Literaturhinweise

  • Cauvin, Thomas, Public History: A Textbook of Practice, New York/London: Routledge, 2016.

Webressourcen

_____________________

[1] Joana Wojdon: Do We Need Public History Programs? https://public-history-weekly.degruyter.com/4-2016-33/do-we-need-public-history-study-programs/ (letzter Zugriff am 12. Dezember2016).
[2] Robert R. Weyeneth and Daniel J. Vivian: Public History Pedagogy: Charting the Course: Challenges in Public History Education, Guidance for Developing Strong Public History Programs. In: The Public Historian, 38 (2016) 3, S. 25-49 (26).
[3] Ted Karamanski: Comment to Joana Wojdon https://public-history-weekly.degruyter.com/4-2016-33/do-we-need-public-history-study-programs/  (letzter Zugriff am 12. Dezember2016).
[4] Henry Rousso: L’histoire appliquée ou les historiens thaumaturges. In: Vingtième Siècle, 1(1984) H.1,S. 105-122.
[5] National Council on Public History: Working Group: Teaching Public History. Ottawa 2013, http://ncph.org/wp-content/uploads/Teaching-Public-History-Case-Statements.pdf (letzter Zugriff am 12. Dezember2016).
[6] Marko Demantowsky: Practice vs. Theory and Rüsen’s New Historik https://public-history-weekly.degruyter.com/1-2013-14/praxis-vs-theorie-und-ruesens-neue-historik/  (letzter Zugriff 12.12.2016).
[7] Siehe wie Brennan und Kelly die sich wandelte Rolle von Public Historians durch Online- Crowdsourcing-Projekte untersuchen, insbesondere durch die Hurricane Digital Memory Bank. Sheila A. Brennan and T. Mills Kelly “Why Collecting History Online is Web 1.5” Center for History and New Media, Case Study, March 2009, http://ebot.gmu.edu/bitstream/handle/1920/9808/WhyCollectingHistoryOnlineisWeb1-5.pdf?sequence=1&isAllowed=y (letzter Zugriff am 12. Dezember2016).

_____________________

Abbildungsnachweis
Historian in the Community: History Harvest in Louisiana © Thomas Cauvin

Empfohlene Zitierweise
Cauvin, Thomas: Public History at a Crossroads. Why We Should all Become Public Historians? In: Public History Weekly 4 (2016) 42, DOI: https://dx.doi.org/10.1515/phw-2016-7934.

Übersetzt von  Jana Kaiser (kaiser /at/ academic-texts.de)

Redaktionelle Verantwortung
Dominika Uczkiewicz / Krzysztof Ruchniewicz

Copyright (c) 2016 by De Gruyter Oldenbourg and the author, all rights reserved. This work may be copied and redistributed for non-commercial, educational purposes, if permission is granted by the author and usage right holders. For permission please contact: elise.wintz (at) degruyter.com.


Categories: 4 (2016) 42
DOI: dx.doi.org/10.1515/phw-2016-7934

Tags: , , ,

Pin It on Pinterest