The 2018 VHD Resolution and the Pyrenees

La résolution 2018 de la VHD et les Pyrénées | Die VHD-Resolution 2018 und die Pyrenäen

La « résolution de la VHD (Association des historiennes et des historiens d’Allemagne) sur les menaces actuelles pour la démocratie» du 27 septembre 2018 a fait des vagues.[1]
On avait jusqu’à présent négligé le risque de multiplication de telles résolutions de l’association mettant l’accent sur des sensibilités nationales spécifiques. La VHD a-t-elle engendré une compétition internationale des vérités historiques officialisées ? D’autres défis sont bien plus adaptés pour susciter la réaction des associations d’historiens de tous les pays.

Une meilleure connaissance

Je partage la position politique de la résolution et estime que les historiens peuvent et doivent intervenir dans les débats politiques. Je me suis moi-même à plusieurs reprises engagé en faveur d’une « réflexion critique sur le passé et contre le détournement politique de l’histoire ».[2] Dans mon livre et au cours de plusieurs débats publics durant lesquels j’ai été opposé à Christoph Blocher et des représentants de son Schweizerische Volkspartei (Union démocratique du centre), j’ai dénoncé l’instrumentalisation de l’histoire nationale par certains mouvements populistes de droite.[3] Cela s’est produit alors que chacun sait que les limites entre « usage » et « détournement » de l’histoire sont relativement floues et qu’il est légitime que les hommes et les femmes politiques contribuent à esquisser les visions du passé au même titre que les historiens, les journalistes, les enseignants et, j’espère, de nombreuses autres parties prenantes. Dans cette cacophonie ambiante, la société peut s’attendre à ce que nous, coûteux experts et expertes, nous engagions dans des débats publics faisant appel à nos connaissances et à notre conscience et portant sur nos sensibilités politiques. Nous ne livrons pas la vérité historique, mais en général des connaissances plus approfondies, dans la mesure où elles proviennent d’une approche méthodique complexe, réfléchie et durable sur le passé.

Mais une association, ne pouvant avoir ni conscience ni opinion politique, doit-elle être désignée comme le porte-parole d’une majorité de ses membres, lesquels pouvant sans problème exprimer ailleurs leurs convictions de citoyens à titre individuel ou sous forme de collectifs ? La résolution de la VHD respire la confiance en soi et la surestimation de soi du « champion mondial du traitement du passé » (Péter Esterházy), qui a imposé son récit – non infondé – sur le succès de la République fédérale d’Allemagne, mais teinté de pathos cosmopolite, comme règle au reste de l’Europe.[4]

Ce qui a également contribué à la « stabilité de la démocratie allemande, c’est qu’après de fortes résistances initiales, la population adopte aujourd’hui dans l’ensemble une attitude autocritique et réfléchie par rapport à l’histoire du national-socialisme ».

La satisfaction professionnelle que trahit ce constat rend légitime l’intervention de la VHD, qui n’est pas seulement consciente des catastrophes ayant vu le jour en Allemagne, mais également du rôle de notre profession dans celles-ci. Compte tenu de l’histoire allemande, une sensibilité particulière pour les thèmes des Droits de l’Homme, du racisme ou de la violence y est justifiée. Cette sensibilité peut toutefois entraîner le risque que les positions prétendues universelles soient considérées à l’étranger comme des caractéristiques uniquement propres à l’Allemagne et s’expliquant par l’histoire du pays.

De réels ennuis

Cela s’applique particulièrement dans les cas où la résolution s’aventure imprudemment dans une zone glissante de convictions formulées de manière positive n’ayant plus rien à voir avec les « attitudes fondamentales revendiquées pour la cohabitation démocratique », et encore moins avec la profession d’historien. « Une action européenne conjointe » ne peut pas servir de base épistémologique pour des conclusions historiographiques et n’est non plus pas un postulat sans alternative dans le cadre démocratique. Il s’agit seulement d’un projet d’avenir politique légitime parmi d’autres.[5]

C’est là que réside la véritable contrariété en ce qui concerne des propos qui suggèrent par exemple que l’immigration « aurait globalement enrichi les sociétés concernées ». Ces propos sont tout simplement faux, ne serait-ce que si l’on prend en considération le destin des Américains natifs. Du point de vue scientifique, ils sont au même niveau que l’affirmation contraire suggérant que l’immigration aurait porté atteinte aux sociétés concernées ; ou que l’État-nation solitaire est une meilleure solution que la construction européenne pour régler les problèmes actuels. La résolution veut définir certaines « attitudes fondamentales de la cohabitation démocratique » comme « essentielles ». Au lieu de cela, les formulations mentionnées relativisent l’ensemble du texte de la résolution à ce sujet, de sorte que, d’un point de vue extérieur, il semble être l’expression de sensibilités exclusivement propres à l’Allemagne.

Des lois mémorielles, partout

Pourquoi ce constat est-il fatal ? N’importe quelle association d’historiens peut livrer de telles confessions d’après sa propre sensibilité. Les Hongrois pourraient déclarer l’immigration comme une menace historiquement avérée pour le monde occidental. Les Polonais pourraient vanter l’État-nation comme seul refuge contre leurs voisins malveillants. Les Russes pourraient déclarer que la démocratie présuppose le regroupement de populations parlant la même langue dans un seul État.

Malheureusement, les associations d’historiens du monde entier pourraient se référer au modèle de la VHD pour de pareilles déclarations. Ce type d’argumentation est répandu. Les lois mémorielles françaises promulguées en 1990 servent en partie de modèles pour les lois semblables plus récentes votées en Pologne et en Russie.[6] Or ces lois, qui visaient initialement à protéger les victimes d’autrefois et leurs descendants de tout négationnisme, se sont depuis transformées – d’abord en  France même ! – en des mesures visant à protéger la nation et ses organes (étatiques) contre les propos historiques critiques, destinées à empêcher toute tentative de souiller l’« honneur de nos ancêtres ».[7]

Des actions nationalistes solitaires

On peut combattre ces propos ; et il faut le faire. Toutefois, lorsque des associations d’historiens se réclament de leur statut scientifique pour définir quels sont les propos « qui respectent ces certaines règles » que la résolution de la VHD veut également prescrire, elles éliminent les propos contraires du discours scientifique. Se confrontent alors des vérités autorisées par les associations historiques nationales : « Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà ».[8] L’historien Herbert Lüthy a repris ce bon mot de Blaise Pascal en 1961, et a écrit :

« Le critère de la vérité historique est, d’être dans le vrai  ‹ de part et d’autre des Pyrénées ›, pour les descendants de toutes les parties prenantes agissant et subissant,  des vainqueurs d’autrefois comme des vaincus d’hier: c’est cela, l’exigence de l’universalité. »[9]

Cette exigence n’est pas satisfaite par celui qui définit des faits historiques dans le contexte national via les règles d’une association, aussi nobles les intentions soient-elles. Dans sa perspective germanique de clocher, la résolution contrevient à son propre postulat selon lequel il convient de rejeter les « actions nationalistes solitaires » :

« Les seules stratégies de résolution de problèmes nationales ne peuvent pas répondre de manière appropriée aux défis politiques, humanitaires, écologiques et économiques d’une époque mondialisée. »

C’est vrai, et l’on devrait ajouter qu’elles ne peuvent également pas répondre de manière adéquate aux défis historiographiques.

Le véritable cheval de bataille

Si la VHD doit ainsi abandonner à ses membres, dans leur rôle politique de citoyen, le combat crucial contre le nationalisme et le détournement du passé à des fins politiques, doit-elle pour autant observer les bras croisés cette agitation dangereuse ? Non, bien au contraire. Il existe des combats qu’une association professionnelle peut mener au travers d’alliances transnationales, à savoir ceux liés aux conditions-cadres essentielles d’une recherche scientifique libre.

Ces conditions-cadres comprennent notamment :

  • un accès illimité aux sources, en particulier aux archives ;
  • l’autonomie des universités, des musées, des éditeurs scientifiques, des médias, des associations d’historiens, etc. lors du recrutement du personnel et de la conception des projets ;
  • l’attribution de places et de subventions par des conseils universitaires sans interférence politique et ;
  • la liberté d’association ainsi que la liberté de collaborer avec des institutions et des bailleurs de fonds étrangers, dans la mesure où cela s’effectue en transparence.

Dans certaines régions, ces acquis sont menacés par des interventions de l’État. Les associations d’historiens doivent donc se regrouper au niveau international pour lutter contre les restrictions concernant la liberté scientifique.

Dans la mesure où la liberté scientifique est garantie, toutes les associations d’historiens (même l’association allemande) doivent laisser libre cours à la créativité et aux erreurs (même politiques) des chercheurs en ce qui concerne aussi bien les thèmes de recherche que les résultats qu’ils produisent ; ainsi qu’au débat public à ces sujets.

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Lectures supplémentaires

  • François, Etienne, Kornelia Konczal, Robert Traba, and Stefan Troebst, eds. Geschichtspolitik in Europa seit 1989. Deutschland, Frankreich und Polen im internationalen Vergleich. Göttingen: Wallstein, 2013.
  • Koposov, NikolayMemory laws, memory wars. The politics of the past in Europe and Russia. New York: Cambridge University Press, 2018.
  • Maissen, Thomas. Schweizer Heldengeschichten – und was dahintersteckt. Baden: Hier+Jetzt, 2015.

Resources sur le web

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[1] La rédaction m’a invité à écrire ce nouvel article suite à ma participation à la table ronde organisée par la VHD à Berlin le 14 février 2019, où j’ai manifestement présenté un nouvel aspect.
[2] Sauf mention contraire, les citations se rapportent au texte allemand de la résolution : https://www.historikerverband.de/en/verband/stellungnahmen/resolution-on-current-threats-to-democracy.html#c1553 (consulté le 25 février 2019).
[3] Thomas Maissen, Schweizer Heldengeschichten – und was dahintersteckt (Baden: Hier+Jetzt, 2015). Les débats peuvent être consultés sur Internet, par exemple sur la page : https://www.youtube.com/watch?v=DA7Kwx_w470 (consulté le 25 février 2019).
[4] Nikolay Koposov, Memory laws, memory wars. The politics of the past in Europe and Russia (New York: Cambridge University Press, 2018), 304: « En violant la liberté d’expression afin de promouvoir des politiques historiques humanistes, les vieilles démocraties ont créé un précédent qui a permis aux nouvelles démocraties et aux régimes autoritaires d’utiliser des lois mémorielles à des fins nationalistes et populistes. » Voir également Stephen Welch and Ruth Wittlinger, “The Resilience of the Nation State: Cosmopolitanism, Holocaust Memory and German Identity,” German Politics and Society 29/3 (2011): 38–54.
[5] Peut-être n’est-il pas superflu de mentionner ici que l’auteur soutient entièrement ce postulat et qu’il prône l’adhésion à l’UE de la Suisse, contrairement à la quasi-totalité de ses concitoyens.
[6] Myriam Bienenstock, ed., Devoir de mémoire? Les lois mémorielles et l’histoire (Paris: Éditions de l’Éclat, 2014).
[7] Jakub Kumoch, „Die Ehre unserer Vorfahren,“ NZZ 13.3.2018, 9, https://www.nzz.ch/meinung/die-ehre-unserer-vorfahren-ld.1362903 (consulté le 25 février 2019), en réponse à Maram Stern, „Polens «Holocaust-Gesetz»: Aus Opfern Täter gemacht,“ NZZ, 1.3.2018, https://www.nzz.ch/meinung/polens-holocaust-gesetz-aus-opfern-taeter-gemacht-ld.1359977 (consulté le 25 février 2019).
[8] Blaise Pascal, „Pensées, ” in : Œuvres complètes (Paris: Arvensa, 1963), 507 (Book V, No. 60-294).
[9] Herbert Lüthy, „Geschichte als Selbstbesinnung (1961)“ in Essays I (Gesammelte Werke 3), (Zürich: NZZ libro, 2003), 393-409, esp. 400.

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Crédits illustration

Ancien poste frontière au col du Pourtalet en côté espagnol © France64160,  GNU Free Documentation License via Wikimedia Commons.

Citation recommandée

Maissen, Thomas: La résolution 2018 de la VHD et les Pyrénées. In: Public History Weekly 7 (2019) 12, DOI: dx.doi.org/10.1515/phw-2019-13598.

Responsabilité éditoriale

Moritz Hoffmann / Marko Demantowsky (Team Basel)

The “Resolution of the Association of German Historians on the Present Threats to Democracy” (VHD) of 27 September 2018 has already created a stir.[1] So far, however, the danger that such resolutions, which positively affect specific national sensitivities, will be imitated, has been overlooked. Has the German association initiated an international competition of officialized historical truths? Other challenges are much better suited to historians’ associations responding to this pressing issue across national borders.

Better Knowledge

I share the basic political stance of the resolution and believe that historians can and ought to intervene in political debates. I have repeatedly advocated “a critical engagement with the past, against the political misuse of history.”[2]

In one of my books, and in several public debates with Christoph Blocher and representatives of his Swiss People’s Party, I have fought against the right-wing populist instrumentalization of national history.[3] I have done so in the knowledge that the boundaries between the use and “misuse” of history cannot be clearly separated and that politicians may legitimately help shape ideas about the past just as much as those who are actively involved in the historical sciences, journalism, education and, hopefully, in many other areas of society. Amid this cacophony, society can expect us well-remunerated experts to contribute to public debates, to the best of our knowledge and belief, as well as with our political sensitivities. We do not provide historical truth, but better knowledge in so far as it results from a methodically reflected, comprehensive, and long-standing examination of the past.

German Sensitivities

Yet should a professional association, which can have neither a conscience nor a political opinion of its own, become the mouthpiece for a majority of its members, who can readily express their persuasions as citizens, individually or collectively, elsewhere? The resolution of the German Association of Historians breathes the self-confidence and overestimation of the “world champion of coming to terms with the past” (Péter Esterházy), who has imposed the — not unfounded —success narrative of the Federal Republic of Germany with quite some cosmopolitan pathos on other Europeans as a rule of the game. [4]

The Federal Republic of Germany today is a stable democracy. One of the reasons why is that the German people, after considerable resistance at first, now for the most part deal with the history of National Socialism in a self-critical and reflective way.

This professional satisfaction legitimizes the intervention, which is aware not only of the catastrophes that rippled forth from Germany, but also of the historians’ role in them. In light of its history, it is appropriate for Germany to become more sensitive to issues such as human rights, racism, and violence. But it runs the risk of supposedly universal positions being perceived abroad as German specifics that can be explained (away) by the national past.

Real Nuisances

This is especially true when the resolution very carelessly ventures into the treacherous terrain of positively phrased convictions that go far beyond the demanded “basic attitudes for democratic interaction” — let alone the historian’s métier. “For unified European action” it not a historiographical episteme nor does it constitute a postulate without alternatives within a democratic framework. It is instead one of several legitimate political designs on the future. [5]

Here lies the real nuisance with assertions such as that migration “on the whole has benefited societies.” Not only are such views simply mistaken if we think of Native Americans. They are scientifically on a par with the contrary standpoint, that migration “on the whole” has harmed such societies; or that the solitary nation state is the better solution to current problems than European federation. The resolution endeavors to posit some “basic attitudes for democratic interaction” as “essential.” Instead, however, such formulations relativize the entire text of the resolution in such a way that, viewed from the outside, it expresses no more than specifically German sensitivities.

Memory Laws Abound

Why is this fatal? Any association of historians may avow its feelings as it deems fit. Thus, Hungarians could declare migration a historically proven threat to the West. The Poles could praise the nation state as the only refuge from malicious neighbors. The Russians could assert that democracy means that everyone speaking the same language ought to be united in the same state. Disastrously, all historians’ associations in the world could refer to the German model when postulating such views. This pattern of argument is popular. The French memory laws enacted since 1990 have served (at least in part) as a model for similar more recent laws in Poland and Russia, for example.[6] Yet what was originally meant to protect former victims and their descendants against the denial of crimes against humanity, became — incidentally, already in France itself! —a protective measure for the nation and its (state) organs against critical historical statements or, in populist parlance, against staining the “honor of our ancestors”[7].

Nationalist Solo Efforts

Such statements can rightly be disputed, and indeed they should be. But when historians’ associations, with reference to their scientific status, decide which statements comply with those “certain rules” that the German resolution also wants to prescribe, they remove contradictory statements from scientific discourse. Instead, truths authorized by national historical associations are pitted against each other: “Vérité au deçà des Pyrénées, erreur au delà.”[8] Taking up Blaise Pascal’s dictum in 1961, the historian Herbert Lüthy observed:

“For the descendants of all those involved in action and suffering, the criterion of historical truth is, ‘on this side of the Pyrenees and beyond,’ to be true both to the victors and to the vanquished: universality demands nothing other than this.”[9]

This demand is not met by those who, in the national context, define historical facts by association rules — however noble their intentions. In its parochial perspective, the German association’s resolution violates its own postulate to reject “nationalistic solo efforts”:

Exclusively national problem-solving strategies cannot meet the political, humanitarian, ecological and economic challenges of the globalized present.

That is true, and I would add: not even its historiographical challenges.

The Right Battle Ground

If the association has to leave the all-important struggle against nationalism and the appropriation of the past for political purposes to its members, in their political role as citizens, must it stand idly by and watch the dangerous goings-on unfold? No, on the contrary, a professional association can pursue certain struggles in transnational alliances. These can provide an indispensable framework for free scientific research and safeguard paramount concerns:

  • unrestricted access to sources, in particular archives;
  • the autonomy of universities, museums, scientific publishers, mass media, historians’ associations, etc. in staff recruitment and project design;
  • the allocation of positions and funding by academic bodies without political influencing;
  • the freedom of association and also the freedom to cooperate with foreign institutions and donors, as long as collaboration remains transparent.

In some countries, such achievements are endangered by state intervention. Historians’ associations can and must fight the restriction of scientific freedom across national borders. As long as the freedom of science is ensured, historians’ associations, including the German VHD, must leave which topics are researched and which results emerge from such research to the creativity and — also to the political — aberrations of researchers; and to public dispute.

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Further Reading

  • François, Etienne, Kornelia Konczal, Robert Traba, and Stefan Troebst, eds. Geschichtspolitik in Europa seit 1989. Deutschland, Frankreich und Polen im internationalen Vergleich. Göttingen: Wallstein, 2013.
  • Koposov, Nikolay. Memory laws, memory wars. The politics of the past in Europe and Russia. New York: Cambridge University Press, 2018.
  • Maissen, Thomas. Schweizer Heldengeschichten – und was dahintersteckt. Baden: Hier+Jetzt, 2015.

Web Resources

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 [1] The editors invited me to contribute this piece after I took part in the relevant VHD panel discussion on February 14, 2019 in Berlin and apparently raised a new aspect.
[2] Unless otherwise stated, citations refer to the English text of the resolution: https://www.historikerverband.de/en/verband/stellungnahmen/resolution-on-current-threats-to-democracy.html#c1553 (last accessed 25 february 2019).
[3] Thomas Maissen, Schweizer Heldengeschichten – und was dahintersteckt (Baden: Hier+Jetzt, 2015). The disputes are documented on the Internet. See, for instance: https://www.youtube.com/watch?v=DA7Kwx_w470 (last accessed 25 february 2019).
[4] Nikolay Koposov, Memory laws, memory wars. The politics of the past in Europe and Russia (New York: Cambridge University Press, 2018), 304: “By infringing on freedom of expression to promote humanistic history politics, the old democracies have created a precedent that has allowed some new democracies and authoritarian regimes to use memory laws for nationalist and populist goals.” See also Stephen Welch and Ruth Wittlinger, “The Resilience of the Nation State: Cosmopolitanism, Holocaust Memory and German Identity,” German Politics and Society 29/3 (2011): 38–54.
[5] It is perhaps worth mentioning that the author fully supports this postulate and, unlike almost all his fellow citizens, favors Switzerland’s accession to the EU.
[6] Myriam Bienenstock, ed., Devoir de mémoire? Les lois mémorielles et l’histoire (Paris: Éditions de l’Éclat, 2014).
[7] Jakub Kumoch, „Die Ehre unserer Vorfahren,“ NZZ 13.3.2018, 9, https://www.nzz.ch/meinung/die-ehre-unserer-vorfahren-ld.1362903 (last accessed 25 february 2019), in response to Maram Stern, „Polens «Holocaust-Gesetz»: Aus Opfern Täter gemacht,“ NZZ, 1.3.2018, https://www.nzz.ch/meinung/polens-holocaust-gesetz-aus-opfern-taeter-gemacht-ld.1359977 (last accessed 25 february 2019).
[8] Blaise Pascal, „Pensées, ” in : Œuvres complètes (Paris: Arvensa, 1963), 507 (Book V, No. 60-294).
[9] Herbert Lüthy, „Geschichte als Selbstbesinnung (1961)“ in Essays I (Gesammelte Werke 3), (Zürich: NZZ libro, 2003), 393-409, esp. 400.

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Image Credits

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Recommended Citation

Maissen, Thomas: The 2018 VHD Resolution and the Pyrenees. In: Public History Weekly 7 (2019) 12, DOI: dx.doi.org/10.1515/phw-2019-13598.

Editorial Responsibility

Moritz Hoffmann / Marko Demantowsky (Team Basel)

Die “Resolution des Verbandes der Historiker und Historikerinnen Deutschlands zu gegenwärtigen Gefährdungen der Demokratie” vom 27. September 2018 hat schon einige Wellen geworfen.[1] Übersehen wurde bisher die Gefahr, dass solche Verbandsresolutionen, die spezifische nationale Sensibilitäten positivieren, Nachahmung finden. Trat der VHD den Anstoß für einen internationalen Wettkampf der offizialisierten historischen Wahrheiten? Andere Herausforderungen eignen sich viel besser dafür, dass Historikerverbände länderübergreifend darauf reagieren.

Besseres Wissen

Ich teile die politische Grundhaltung der Resolution und finde, dass Historiker in politische Debatten eingreifen dürfen und sollen. Ich bin selbst wiederholt “für eine kritische Auseinandersetzung mit der Vergangenheit, gegen den politischen Missbrauch von Geschichte” angetreten.[2] In einem Buch und in mehreren öffentlichen Debatten mit Christoph Blocher und Vertretern seiner Schweizerischen Volkspartei habe ich die rechtspopulistische Instrumentalisierung der Nationalgeschichte bekämpft.[3] Dies geschah im Wissen darum, dass sich die Grenzen zwischen Gebrauch und “Missbrauch” der Geschichte nicht klar trennen lassen und dass es legitim ist, wenn Politikerinnen und Politiker die Vorstellungen über die Vergangenheit ebenso mitprägen wie Aktive der Geschichtswissenschaft, in Journalismus, im Schulunterricht und, hoffentlich, viele andere auch. In dieser Kakophonie darf die Gesellschaft erwarten, dass wir teuren Expertinnen und Experten uns nach bestem Wissen und Gewissen und mit unseren politischen Sensibilitäten in öffentliche Debatten einbringen. Wir liefern nicht die historische Wahrheit, aber doch zumeist insofern besseres Wissen, als es aus einer methodisch reflektierten, umfassenden und langanhaltenden Beschäftigung mit der Vergangenheit hervorgeht.

Deutsche Befindlichkeiten

Soll aber ein Fachverband, der weder ein Gewissen noch eine politische Meinung haben kann, zum Organ einer Mehrheit seiner Mitglieder gemacht werden, die ihre Überzeugung als Staatsbürgerinnen und -bürger problemlos anderswo individuell oder in Kollektiven äußern können? Die VHD-Resolution atmet das Selbstbewusstsein und die Selbstüberschätzung des “Weltmeisters der Vergangenheitsbewältigung” (Péter Esterházy), der sein – nicht unbegründetes – bundesrepublikanisches Erfolgsnarrativ mit kosmopolitischem Pathos den anderen Europäern als Spielregel auferlegt hat.[4]

Zur deutschen „stabilen Demokratie … beigetragen hat auch, dass die Deutschen nach anfangs erheblichen Widerständen inzwischen mehrheitlich selbstkritisch und reflektiert mit der Geschichte des Nationalsozialismus umgehen“.

Diese berufsständische Zufriedenheit legitimiert die Intervention, die nicht nur um die von Deutschland ausgegangenen Katastrophen weiß, sondern auch um die Rolle der eigenen Zunft dabei. Eine erhöhte deutsche Sensibilität für Themen wie Menschenrechte, Rassismus oder Gewalt ist angesichts der Geschichte angebracht. Aber sie läuft Gefahr, dass vorgeblich universelle Positionen im Ausland als deutsche Spezifika wahrgenommen werden, die sich mit der nationalen Vergangenheit (weg‑)erklären lassen.

Echte Ärgernisse

Das gilt besonders dort, wo die Resolution sich sehr unvorsichtig auf das Glatteis positiv formulierter Überzeugungen vorwagt, die mit der eingeforderten “Grundhaltungen des demokratischen Miteinanders” nichts mehr zu tun haben – und schon gar nichts mit dem Metier des Historikers. “Für ein gemeinsam handelndes Europa” ist keine historiographische Erkenntnisbasis und auch kein im demokratischen Rahmen alternativloses Postulat, sondern eine von mehreren legitimen politischen Zukunftsentwürfen.[5]

Hier liegt das eigentliche Ärgernis bei Formulierungen, dass etwa Migration “die beteiligten Gesellschaften insgesamt bereichert” habe. Nicht nur sind sie schlicht falsch, wenn man schon nur an die amerikanischen Ureinwohner denkt. Sie befinden sich wissenschaftlich auf derselben Ebene wie die gegenteilige Aussage, dass Migration die beteiligten Gesellschaften insgesamt geschädigt habe; oder dass der einzelgängerische Nationalstaat die bessere Lösung ist für die aktuellen Probleme als der europäische Zusammenschluss. Die Resolution will einige “Grundhaltungen des demokratischen Miteinanders” als “unverzichtbar” setzen. Stattdessen relativieren die erwähnten Formulierungen den gesamten Resolutionstext dahingehend, dass er von außen betrachtet als Ausdruck spezifisch deutscher Befindlichkeiten daherkommt.

Erinnerungsgesetze allüberall

Weshalb ist das fatal? Solche Befindlichkeitsbekenntnisse kann jeder Historikerverband abgeben. Die Ungarn könnten die Migration als historisch erwiesene Gefährdung des Abendlands deklarieren. Die Polen könnten den Nationalstaat als einziges Refugium vor böswilligen Nachbarn preisen. Die Russen könnten erklären, dass Demokratie voraussetzt, dass Gleichsprachige in einem Staat vereint sind.

Fatalerweise könnten sich alle Historikerverbände der Welt bei solchen Setzungen auf das Vorbild des VHD berufen. Dieses Argumentationsmuster ist beliebt. Die französischen Erinnerungsgesetze seit 1990 sind das zum Teil erklärte Vorbild für ähnliche jüngere Gesetze etwa in Polen und Russland.[6] Doch was anfangs dem Schutz von einstigen Opfern und deren Nachfahren gegen das Leugnen von Menschenrechtsverbrechen diente, wurde – übrigens bereits in Frankreich selbst! – zu einer Schutzmaßnahme für die Nation und ihre (staatlichen) Organe gegen kritische historische Äußerungen, vulgo gegen die Befleckung der “Ehre unserer Vorfahren”.[7]

Nationalistische Alleingänge

Über solche Aussagen kann man mit Fug und Recht streiten; und das soll man auch. Wenn aber Historikerverbände mit Berufung auf ihren wissenschaftlichen Status festlegen, welche Aussagen den “bestimmten Regeln folgen”, die auch die VHD-Resolution vorgeben will, dann entziehen sie zuwiderlaufende Aussagen dem wissenschaftlichen Diskurs. Stattdessen stehen sich dann Wahrheiten gegenüber, die von nationalen Geschichtsverbänden autorisiert wurden: “Vérité au deçà des Pyrénées, erreur au delà”.[8] Der Historiker Herbert Lüthy hat 1961 dieses Bonmot von Blaise Pascal aufgenommen und geschrieben:

“Das Kriterium historischer Wahrheit ist, ‹diesseits wie jenseits der Pyrenäen›, für die Nachkommen aller handelnd und leidend Beteiligten, der einstigen Sieger wie der einst Besiegten wahr zu sein: dies und nichts anderes ist die Forderung der Universalität.”[9]

Dieser Forderung kommt nicht nach, wer im nationalen Kontext historische Sachverhalte durch Verbandsregeln festlegt – auch wenn die Absichten noch so edel sind. In ihrer germanischen Kirchturmsperspektive verstößt die Resolution gegen ihr eigenes Postulat, das “nationalistische Alleingänge” abzulehnen seien:

“Ausschließlich nationale Problemlösungsstrategien können den politischen, humanitären, ökologischen und ökonomischen Herausforderungen einer globalisierten Gegenwart nicht angemessen begegnen.”

Das stimmt, und man muss ergänzen: auch nicht den historiographischen Herausforderungen.

Das richtige Kampffeld

Wenn der Verband den wichtigen Kampf gegen den Nationalismus und die Vereinnahmung der Vergangenheit für politische Zwecke also seinen Mitgliedern überlassen soll, in ihrer politischen Rolle als Staatsbürgerinnen und Staatsbürger, muss er denn dem gefährlichen Treiben tatenlos zusehen? Nein, im Gegenteil, es gibt Kämpfe, die ein Berufsverband in transnationalen Allianzen führen kann, nämlich solche um die unverzichtbaren Rahmenbedingungen von freier wissenschaftlicher Forschung.

Dazu gehören:

  • der uneingeschränkte Zugang zu den Quellen, insbesondere in Archiven;
  • die Autonomie von Hochschulen, Museen, Wissenschaftsverlagen, Massenmedien, Historikerverbänden etc. bei der Auswahl von Personal und bei der Gestaltung ihrer Projekte;
  • die Vergabe von Stellen und Fördermitteln durch akademische Gremien ohne politische Beeinflussung;
  • die Vereinsfreiheit und auch die Freiheit, mit ausländischen Institutionen und Geldgebern zusammenzuarbeiten, solange dies transparent geschieht.

Solche Errungenschaften sind manchenorts durch staatliche Eingriffe gefährdet. Dagegen, gegen die Einschränkung der Wissenschaftsfreiheit, können und müssen Historikerverbände grenzüberschreitend antreten.

Welche Themen erforscht werden und welche Resultate sie zeitigen, sofern die Wissenschaftsfreiheit gewährleistet ist, das müssen alle Historikerverbände, auch der deutsche, der Kreativität und den – auch politischen – Irrwegen der Forschenden überlassen; und dem öffentlichen Streit darüber.

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Literaturhinweise

  • François, Etienne, Kornelia Konczal, Robert Traba, and Stefan Troebst, eds. Geschichtspolitik in Europa seit 1989. Deutschland, Frankreich und Polen im internationalen Vergleich. Göttingen: Wallstein, 2013.
  • Koposov, Nikolay. Memory laws, memory wars. The politics of the past in Europe and Russia. New York: Cambridge University Press, 2018.
  • Maissen, Thomas. Schweizer Heldengeschichten – und was dahintersteckt. Baden: Hier+Jetzt, 2015.

Webressourcen

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Redaktionelle Anmerkung: Public History Weekly legt Wert auf eine konsequente Umsetzung einer gendergerechten Schreibweise im Deutschen mit „*“. Gleichwohl räumen wir unseren Autor*innen in dieser Sache auch Mitsprache ein. Die Variante dieses Artikels geht auf den Wunsch des Autors zurück.

 [1] Die Redaktion hat mich zu diesem neuen Beitrag eingeladen, nachdem ich an der einschlägigen Podiumsdiskussion des VHD am 14. Februar 2019 in Berlin teilgenommen und offenbar einen neuen Aspekt eingebracht hatte.
[2] Zitate beziehen sich, sofern nicht anders angegeben, auf den Resolutionstext: https://www.historikerverband.de/en/verband/stellungnahmen/resolution-on-current-threats-to-democracy.html#c1553 (letzter Zugriff 25. Februar 2019).
[3] Thomas Maissen, Schweizer Heldengeschichten – und was dahintersteckt (Baden: Hier+Jetzt, 2015). Die Streitgespräche sind im Internet dokumentiert, beispielsweise: https://www.youtube.com/watch?v=DA7Kwx_w470 (letzter Zugriff 25. Februar 2019).
[4] Nikolay Koposov, Memory laws, memory wars. The politics of the past in Europe and Russia (New York: Cambridge University Press, 2018), 304: “By infringing on freedom of expression to promote humanistic history politics, the old democracies have created a precedent that has allowed some new democracies and authoritarian regimes to use memory laws for nationalist and populist goals.” Siehe auch Stephen Welch and Ruth Wittlinger, “The Resilience of the Nation State: Cosmopolitanism, Holocaust Memory and German Identity,” German Politics and Society 29/3 (2011): 38–54.
[5] Vielleicht ist es auch hier nicht überflüssig zu erwähnen, dass der Schreibende dieses Postulat vollumfänglich unterstützt und im Unterschied zu fast allen seinen Mitbürgern einen EU-Beitritt der Schweiz befürwortet.
[6] Myriam Bienenstock, ed., Devoir de mémoire? Les lois mémorielles et l’histoire (Paris: Éditions de l’Éclat, 2014).
[7] Jakub Kumoch, „Die Ehre unserer Vorfahren,“ NZZ 13.3.2018, 9, https://www.nzz.ch/meinung/die-ehre-unserer-vorfahren-ld.1362903 (letzter Zugriff 25. Februar 2019), als Antwort an Maram Stern, „Polens «Holocaust-Gesetz»: Aus Opfern Täter gemacht,“ NZZ, 1.3.2018, https://www.nzz.ch/meinung/polens-holocaust-gesetz-aus-opfern-taeter-gemacht-ld.1359977 (letzter Zugriff 25. Februar 2019).
[8] Blaise Pascal, „Pensées, ” in : Œuvres complètes (Paris: Arvensa, 1963), 507 (Book V, No. 60-294).
[9] Herbert Lüthy, „Geschichte als Selbstbesinnung (1961)“ in Essays I (Gesammelte Werke 3), (Zürich: NZZ libro, 2003), 393-409, esp. 400.

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Abbildungsnachweis

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Empfohlene Zitierweise

Maissen, Thomas: Die VHD-Resolution 2018 und die Pyrenäen. In: Public History Weekly 7 (2019) 12, DOI: dx.doi.org/10.1515/phw-2019-13598.

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  1. To all our non-German speaking readers we recommend the automatic DeepL-Translator for 8 European languages. Just copy and paste.

    Thomas Maissens Vorbehalte gegen vermeintliche deutsche Alleingänge haben mich schon während der VHD-Podiumsdiskussion nicht überzeugt. Seine Annahme bzw. Unterstellung, der Verband sei der Meinung, dass Europa wieder am deutschen Wesen genesen solle, beruht auf einer bestimmten Lesart der Resolution. Die kritisierte Passage über die Schwierigkeiten und Erfolge deutscher Vergangenheitsbewältigung richtet sich, wie aus dem Kontext unschwer zu erkennen, an eine deutsche Leserschaft, und zwar vor dem Hintergrund gezielter Angriffe von rechtsradikaler Seite auf die deutsche „Erinnerungskultur”. Diese Angriffe sind hyper-nationalistisch; ihre Abwehr ist es nicht.

    Maissen ist der Meinung, dass die Geschichtswissenschaft die Wahrheit sagen sollte. Dem kann man nur beipflichten. Doch gehört die Methode der Wahrheitssuche in den Kontext hinein. Werturteile, die selbstverständlich auf hermeneutischen Operationen beruhen, werden selten übereinstimmen und lassen sich auch nicht an den gleichen Kriterien messen wie die Feststellung, ob eine Aussage faktisch richtig oder falsch ist. Wenn der Verfasser also eine universelle Wahrheit diesseits und jenseits der Pyrenäen fordert, sollte er den Eindruck vermeiden, es sei sein eigentliches Anliegen, die Geschichtswissenschaft auf die Feststellung von Sachurteilen zu reduzieren, wie das in derselben Diskussion der Historiker Andreas Rödder getan hat. Zu einem solchen Verständnis von Geschichtswissenschaft haben historistische Historiker bereits das Nötige gesagt: „eunuchische Objektivität“ überantwortet die politische Einflussnahme auf Geschichtswissenschaft der Macht und hält das Werturteil von kritischer Beurteilung frei. Da Thomas Maissen diese Beurteilung laufend vornimmt, haben wir es mit einem performativen Selbstwiderspruch zu tun.

    Maissens Kritik an der immer wieder zitierten Passagen über Migration als Bereicherung ist nicht neu, und auch hier wäre es intellektuell redlicher gewesen, den argumentativen Kontext zu beachten. Aus diesem ist unschwer zu erkennen, dass imperialistische Migrationen und Zwangsumsiedlungen nicht gemeint sind. Man kann die inkriminierte Formulierung wegen ihrer Allgemeinheit kritisieren, was ich selbst auch getan habe, aber nicht als ignorant abtun.

    Die von Maissen formuliertenZielsetzungen einer transnationalen Zusammenarbeit der Historikerverbände wird man sicher unterschreiben. Nur ist das ein anderes Thema, eine andere Diskussion, eine andere Arena. Die gedankliche Voraussetzung dieser Intervention, der VHD habe deutschnationale Alleingänge praktiziert, ist nicht bewiesen, nicht belegt. Man sollte Ressentiments nicht als wissenschaftlich begründete Stellungnahme ausgeben.

  2. To all our non-German speaking readers we recommend the automatic DeepL-Translator for 8 European languages. Just copy and paste.

    Es braucht nicht die Distanz aus der Schweiz, beziehungsweise aus Frankreich, um zu bemerken, dass Sachurteile und Werturteile nicht ganz so eng miteinander verknüpft sind, wie dies die Resolution vorgibt.[1]

    Zugleich braucht es nicht die phallische Metaphorik des Eunuchentums, um zu erkennen, dass das historische Geschäft ohnehin immer mit Werturteilen operiert. Dass solche Werturteile gerade im Kontext von Menschenrechten seit 1789 eine universalistische Rhetorik bedienen, ist meines Erachtens kein Problem, solange die Autorschaft und die Adressaten, also der kommunikative Kontext, klar sind.

    Dieser Kontext ist zunächst, wie Thomas Sandkühler zu Recht angibt, im vorliegenden Fall ein nationalstaatlicher. Wenn man sich diesen vor Augen hält, muss man als Schweizer Historiker nicht «germanische» Überlegenheit unterstellen. Interessanter dünkt mich aus Schweizer Sicht die Frage, was die Resolution und die dazugehörige Debatte für die Auseinandersetzung mit der Schweizer Geschichte und der Gegenwart bedeuten könnte. Dies gilt umso mehr, als einerseits die Schweizer Geschichte ohne Migration kaum denkbar ist [2] und andererseits wir uns auch in der Schweiz nicht um die Verbrechen des 20. Jahrhunderts foutieren können.

    Anmerkungen
    [1] Jan Soeffner: Wir sind nie real gewesen, in: Neue Zürcher Zeitung, 19.8.2018 (https://www.nzz.ch/feuilleton/wir-sind-nie-real-gewesen-ld.1411443) (letzter Zugriff: 8.4.2019).
    [2] Vgl. nebst den vielfältigen historiographischen Arbeiten der letzten Jahre konzis Kijan Espahangizi: Wie multikulturell ist die Schweiz? In: Die Zeit, 30.10.2018 (https://www.zeit.de/2018/45/schweiz-hundert-fragen-faq#21-wie-multikulturell-ist-die-schweiz) (letzter Zugriff: 8.4.2019).

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    Author’s Reply / Replik

    Es ist immer problematisch, wenn Argumente nicht mit Argumenten bekämpft werden, sondern durch den Hinweis auf Motive oder gar „Ressentiments“ des Argumentierenden; erst recht, wenn ungesagt bleibt, welche Ressentiments gemeint sind.
    Offenbar muss ich wiederholen, dass ich, als Staatsbürger, den politischen Positionen und Sorgen der Resolution nahestehe. Darum geht es aber nicht. Es geht auch nicht um die hermeneutische Frage, wie der einzelne Historiker und die einzelne Historikerin zu allgemeingültigen Aussagen kommen können, obwohl wir alle um unsere Standortgebundenheit wissen und damit um den subjektiven und provisorischen Charakter unserer wissenschaftlichen Ausführungen. Ob man deswegen in einer vielleicht nicht mehr ganz zeitgemäßen und auch nicht gottgefälligen (Jes. 56,4) Virilitätsrhetorik das Streben nach Objektivität oder Unparteilichkeit als „eunuchisch“ abtun will, muss jede Person, die Wissen schafft, selbst entscheiden. Mir scheint es problematisch, aus der Not (dass es keine wissenschaftliche Objektivität gibt) eine Tugend zu machen und die eigene Subjektivität über eine Verbandspolitik zu der allgemein gültigen zu erklären.

    Genau darum aber geht es in der Debatte: Soll ein Berufsverband die noch so gut gemeinten politischen Überzeugungen der Mehrheit seiner Mitglieder zu seiner eigenen Position machen? Oder soll ein Verband sich damit begnügen, den kleinsten gemeinsamen Nenner seiner weltanschaulich, methodisch und thematisch sehr unterschiedlich aufgestellten Mitglieder zu vertreten: nämlich dass sie freiheitliche Rahmenbedingungen brauchen, um unter anderem über solche Differenzen wissenschaftlich zu streiten? Ich bin überrascht, dass man die problematischen Aspekte der Verbandsresolution damit zu entsorgen glaubt, dass sie im Kontext einer deutschen Leserschaft eindeutig seien. Der Kontext dieser Resolution ist nicht der akademische Elfenbeinturm, sondern die breite nationale und eben auch internationale Öffentlichkeit. Will der VHD eine Vorreiterrolle spielen in einem möglichen Kampf von nationalen Verbandserklärungen zur Frage, ob Migration gut oder schlecht ist; oder Atheismus, Abtreibung, Atomenergie?

    Vor diesem Hintergrund unterstelle ich den Initiantinnen und Initianten der Resolution weder „germanische Überlegenheit“ noch „deutschnationale Alleingänge“, wie meine Kritiker mir mit semantischen Ausflügen in trübe Gewässern ihrerseits unterstellen. Ich rede von einer „germanischen Kirchturmperspektive“ und warne vor „nationalistischen Alleingängen“; Letzteres ist ein Zitat aus der Resolution, und „nationale Alleingänge“ würde ausreichen. Gemeint sind Stellungnahmen, die mit dem Hinweis auf historische deutsche Lernprozesse die eigene Positionen so legitimieren, als seien sie historiographisch unbestritten und damit politisch unbestreitbar. Wie bereits die erfreulichen Diskussionen um die Verbandsresolution beweisen, trifft dies inhaltlich auf einige ihrer Teile nicht zu; und damit auch nicht auf die Resolution als solche. Wenn sich ein Verband auf Terrains vorwagt, für die er weder geschaffen wurde noch – im Unterschied zu Parteien oder individuellen Bürgerinnen und Bürgern – zuständig ist, dann macht er langfristig nur eines: seine Glaubwürdigkeit und seinen Einfluss als wissenschaftliche Institution untergraben.

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