Guerre, après-guerre et post-après-guerre

War, Post-War, and Post-Post-War | Krieg, Nachkriegszeit und Nachnachkriegszeit

Abstract:
The article aims at revisiting Peter Sloterdijk’s iconoclast essay on post-war and reconciliation between France and Germany since 1945 (published in 2008) in order to confront his argument with the main traits of these bilateral relations in the past decade. It appears that beside the provocative form of his theory of the post-war periods, the German philosopher stressed a crucial aspect of mature reconciliation processes, consisting in the upcoming of a state of normality characterised by a certain banality. The two main symptoms observed concern the weakening authenticity of official remembrance acts and the decreasing emotional bond between past experience and today’s actors. Yet, what Sloterdijk called a “happy disassociation” cannot be considered as a political aim and should be addressed as an ongoing challenge to the European idea(l) of togetherness.
DOI: dx.doi.org/10.1515/phw-2020-16306
Languages: French, English, German


Lorsqu’en novembre 2007, le philosophe allemand Peter Sloterdijk fut invité à tenir un discours à Fribourg-en-Brisgau à l’occasion des 6e rencontres culturelles franco-allemandes[1], ses propos ne purent que heurter le public. Un parterre de personnes convaincues de la pertinence historique et du succès de la réconciliation entre ces deux nations en Europe fut en effet amené à écouter l’opinion iconoclaste selon laquelle les contacts franco-allemands de l’après-guerre avaient certes enclenché un processus gagnant, mais ce du fait qu’il conduisit à un désamour, à une « désimbrication » aboutissant à un désintérêt réciproque. Plus d’une décennie après le discours de Sloterdijk, publié alors sous le titre « Théorie des après-guerres »[2], il convient de considérer l’évolution récente des relations franco-allemandes sur le fond de leur histoire depuis 1945 afin de vérifier l’(in)exactitude de sa thèse. Certaines des interprétations dérangeantes formulées par Sloterdijk se révèleraient-elles justes ? Et devrions-nous nous en inquiéter ?

Le récit dominant

Vu d’aujourd’hui, la signification de l’armistice du 8 mai 1945 allait bien au-delà de celle de l’événement crucial auquel la date fait directement référence, à savoir la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Comme l’ont montré de nombreux auteurs, 1945 mit fin également, entre la France et l’Allemagne, à des rapports éminemment toxiques remontant à trois générations au moins. Alors que plusieurs historiens, parmi lesquelles Arno J. Mayer, Ian Kershaw et Hans-Ulrich Wehler ont soutenu la thèse d’une « seconde Guerre de Trente Ans » (1914-1945)[3], interrompue par une longue période de paix incertaine (l’entre-deux-guerres), pour analyser l’histoire européenne de la première moitié du vingtième siècle, le sociologue Thomas J. Scheff, se concentrant sur la dynamique des émotions collectives dans les relations franco-allemandes, a présenté de manière convaincante un mécanisme qu’il nomme « boucle émotionnelle rétroactive »[4], caractérisant les conflits entre Français et Allemands depuis le début de la guerre franco-prussienne en 1870 jusqu’au cessez-le-feu final de 1945.

Opter pour la réconciliation ne jouissait d’aucune popularité en 1945, alors que l’accumulation transgénérationnelle de peur, de honte et d’agressivité restait forte et active à la fois dans les sociétés française et allemande. Reconnaître la nécessité d’une transformation de leurs relations mutuelles supposait un profond processus de métanoïa dont Sloterdijk proposa la définition suivante, sécularisée :

« cette propension à transformer en modèles moins nocifs les règles culturelles reconnues comme néfastes […]. [L’]expression de ‘métanoïa’ […] ne désigne pas tant […] le repentir chrétien que le réapprentissage séculier au service d’une capacité supérieure de civilisation. »[5]

Tel fut en effet le chemin emprunté par la RFA (République fédérale d’Allemagne) sous l’effet de la pression stratégique internationale ainsi que par volonté politique intérieure. Celle-ci a été modélisée par Lily G. Feldman comme politique de réconciliation ouest-allemande, appelée à permettre au peuple allemand de retrouver sa souveraineté et de réintégrer la communauté des nations, en abandonnant le statut de paria civilisationnel auquel l’avait condamné, en Europe et au-delà, la guerre lancée par Hitler.[6]

Néanmoins, étant donné que toute réconciliation n’est possible que si la victime entreprend les premiers pas, ce fut à la France de formuler des propositions et de donner à ses homologues allemands des opportunités à saisir après 1945. En dehors des initiatives d’en bas, issues de la société civile (individus, associations, autres groupes), le pas décisif à franchir devait venir des acteurs étatiques. Danielle Celermajer a certainement raison de soutenir que les excuses d’hommes politiques pour les crimes commis par leur nation sont fondamentalement des actes de langage qui diffèrent du point de vue émotionnel des formes de repentance individuelle.[7] Toutefois, elles constituent bien des moments essentiels dans les processus de réconciliation bilatéraux au niveau des nations. Les relations franco-allemandes de l’après-guerre ont connu de telles étapes-clés, parmi lesquelles la messe de réconciliation de Reims (juillet 1962) entre le général Charles de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer, ainsi que les commémorations conjointes à Verdun (septembre 1984) en présence du président François Mitterrand et du chancelier Helmut Kohl ont, sans conteste, contribué à établir le récit dominant du processus de réconciliation franco-allemande comme modèle de reconstruction d’après-guerre de rapports bilatéraux.

Abattre le totem

Et voilà Sloterdijk venant jouer les trouble-fête avec sa perception totalement différente du processus évoqué ci-dessus. Tout en reconnaissant les faits et, notamment, les étapes symboliques de la réconciliation franco-allemande, il les considéra sous un nouveau jour, les interprétant comme une feuille de route politique qui aboutit finalement à « désimbriquer » deux nations nourrissant depuis bien trop longtemps une destructive fascination réciproque – au moins depuis

« l’ère des guerres napoléoniennes […] à la suite de laquelle les Allemands et les Français s’étaient accrochés les uns aux autres, culturellement et politiquement, dans une succession infinie de reflets, d’imitations, de surenchères et d’empathies projectives mutuelles. »[8]

Soit. Le philosophe allemand, cependant, poussa sa réflexion plus loin et affirma qu’en mettant fin à leur fascination mutuelle les deux nations avaient perdu non seulement toute passion, mais aussi tout intérêt réciproque. Il observait une distance croissante entre Français et Allemands, qui contrastait avec le récit sur l’amitié prévalant au plus haut niveau bilatéral. Encore plus dérangeant et paradoxal pour des lecteurs familiers du succès franco-allemand de l’après-guerre, Sloterdijk considérait le projet-même ainsi que le processus de « réconciliation » interétatique entre la France et l’Allemagne (de l’Ouest) comme la condition sine qua non de ce démêlage collectif. La fin de ce traité se lit comme une charge provocante – qualifiant le soi-disant manque d’intérêt mutuel de « bienfaisant » pour les deux pays, et suggérant qu’idéalement ceux-ci étaient destinés à vivre une « heureuse prise de distance ».[9]

Une telle vision des rapports franco-allemands depuis la réconciliation jusqu’à nos jours devrait nous inciter à mettre de côté tous les exemples bien connus témoignant de l’interaction qui s’est développée entre ces deux partenaires européens au cours des soixante dernières années environ (à compter des premiers pas de la réconciliation) : jumelages, échanges de jeunes, relations commerciales denses, projets économiques communs, etc. Mieux vaut en effet passer rapidement en revue les faits et tendances qui seraient susceptibles de confirmer le verdict de Sloterdijk, en particulier au fil de la dernière décennie faisant suite à son discours. Parmi les signes pouvant suggérer dans une certaine mesure que la France et l’Allemagne s’éloignent l’une de l’autre, le manque d’intérêt pour la langue de l’autre est sans doute le plus frappant : le français reste certes la deuxième langue étrangère la plus enseignée au niveau du secondaire en Allemagne, mais un nombre croissant d’élèves l’abandonne ensuite dans les classes supérieures ; quant à l’enseignement de l’allemand à l’école en France, il n’a cessé de diminuer depuis les années 1970, végétant autour de 15% – loin derrière l’anglais. Au niveau interétatique, la crise financière internationale (2007-2009), la crise de la dette de l’Euro (2009-2012), la crise migratoire européenne (depuis au moins 2015), ainsi que la mésentente cordiale entre la chancelière Angela Merkel et le président Emmanuel Macron depuis 2017 au sujet des propositions de ce dernier pour la réforme de l’Europe, tout cela marque les différences entre la France et l’Allemagne dans l’approche des problèmes et défis de l’intégration européenne.[10] Et même à l’heure de la pandémie du Covid-19, la solidarité s’exprimant effectivement dans le domaine de l’assistance médicale, avec des hôpitaux allemands accueillant des patients français pour soulager les unités de soins intensifs alsaciennes, ne peut masquer les dissonances franco-allemandes à propos des corona-obligations.

Dépasser la banalité de la normalité

Cela signifie-t-il dès lors que Sloterdijk avait raison ? Il convient certainement de regarder au-delà de son inclination pour la provocation, les aphorismes tonitruants et les comparaisons parfois irritantes, afin de se concentrer plutôt sur ce qui est à la base de sa théorie des après-guerres : une certaine vision de la normalité – à confronter à nos vœux pieux concernant la réconciliation. En effet, les processus d’après-guerre ne sont pas voués à durer pour toujours : la justice transitionnelle tente de punir les criminels ; le travail de mémoire permet aux nations d’accepter leur propre histoire ; la réconciliation vise à rapprocher les anciens ennemis pour qu’ils tirent les leçons de leur passé conflictuel commun. Tous ces processus sont orientés vers l’obtention d’un résultat, à savoir une nouvelle configuration viable grâce à laquelle une communauté (ou plusieurs) pourra fonctionner sans répéter les erreurs passées.

Aussi serions-nous bien avisés de ne pas surcharger sémantiquement et symboliquement la réconciliation. Une fois la normalité atteinte entre la France et l’Allemagne, avec la fin de la division allemande et l’acte final de la guerre froide, leurs relations bilatérales ont connu une certaine banalisation au sein de la communauté européenne. Pendant que les acteurs étatiques continuent à commémorer les conflits passés et leur dépassement, la perception mutuelle des sociétés civiles respectives s’appuie sur des critères plus prosaïques comme l’attractivité culturelle et les intérêts économiques, par exemple. Si la France et l’Allemagne sont l’une pour l’autre le principal partenaire commercial, cela n’est pas dû à un quelconque sentiment de responsabilité réciproque liée aux conflits du passé, mais se nourrit bien plus de l’attente d’un bénéfice mutuel maintenant et à l’avenir. C’est la même logique qui inspire aussi le très prometteur plan de relance européen de 500 milliards d’euros annoncé cette semaine conjointement par Merkel et Macron afin d’aider les économies de l’UE malmenées par la pandémie.

En 2020, alors que la génération de la guerre s’est pratiquement éteinte et que l’authenticité tant des rituels politiques de la mémoire que, plus largement, de la mémoire culturelle faiblit déjà en même temps que se relâche, inexorablement, le lien émotionnel entre l’expérience d’hier et les acteurs d’aujourd’hui, accepter la réalité de la ‘post-réconciliation’ constitue un défi à l’idée et à l’idéal du vivre-ensemble européen. Voilà ce sur quoi il conviendrait de concentrer notre attention plus que cela ne ressortait de l’essai théorique, sagace mais sans engagement, du franc-tireur Peter Sloterdijk.

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Lectures supplémentaires

  • Celermajer, Danielle. The Sins of the Nation and the Ritual of Apologies. Cambridge: CUP, 2009.
  • Feldman, Lily Gardner. Germany’s foreign policy of reconciliation. From enmity to amity. Lanham – Boulder – New York: Rowman&Littlefield, 2012.
  • Scheff, Thomas J. Bloody Revenge. Emotions, Nationalism, and War. Boulder: Westview Press, 1994.

Ressources sur le web

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[1] P. Sloterdijk, “Nachkriegszeiten in Frankreich und Deutschland. Eine kulturorthopädische Betrachtung,” Novembre 15, 2007, https://www.freiburg.de/korrespondenzen/archiv/2007/pdo.htm (dernier accès 22 Avril 2020).
[2] Peter Sloterdijk, Theory of the Post-War Periods. Observations of the Franco-German relations since 1945 (Wien – New York: Springer, 2009).
[3] Hans-Ulrich Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, Bd. 4: Vom Beginn des ersten Weltkriegs bis zur Gründung der beiden deutschen Staaten 1914–1949 (München: C.H. Beck, 2003).
[4] Thomas J. Scheff, Bloody Revenge. Emotions, Nationalism, and War (Boulder: Westview Press, 1994), 106.
[5] Sloterdijk, Theory of the Post-War Periods, 14.
[6] Lily Gardner Feldman, Germany’s foreign policy of reconciliation. From enmity to amity (Lanham – Boulder – New York: Rowman&Littlefield, 2012).
[7] Danielle Celermajer, The Sins of the Nation and the Ritual of Apologies (Cambridge: CUP, 2009), 56.
[8] Sloterdijk, Theory of the Post-War Periods, 45.
[9] Ibid., 44.
[10] Philip Stephens, “Angela Merkel and Emmanuel Macron: Europe’s missed chance,” Financial Times, February 20, 2020, https://www.ft.com/content/0be68bd6-5303-11ea-90ad-25e377c0ee1f  (dernier accès 22 Avril 2020).
[11] Christina Goßner, Sarah Lawton, “Merkel et Macron proposent un plan de relance inédit de 500 milliards d’euros”, Euractiv, 19 Mai, 2020, https://www.euractiv.fr/section/economie/news/merkel-and-macron-roll-out-e500-billion-covid-19-recovery-initiative/ (dernier accès 22 Mai 2020).

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Crédits illustration

Passerelle des Deux Rives © 2018 Guilhem Vellut CC-BY 2.0 via flickr.

Citation recommandée

Weber, Pierre-Frédéric: Guerre, après-guerre et post-après-guerre. In: Public History Weekly 8 (2020) 5, DOI: dx.doi.org/10.1515/phw-2020-16306.

Responsabilité éditoriale

Dominika Uczkiewicz / Krzysztof Ruchniewicz (Team Wrocław)

When in November 2007 German philosopher Peter Sloterdijk was invited to deliver a speech at the 6th French-German Culture Talks in Freiburg[1], the words he said could not but shock the audience. A floor full of people who were convinced of the historical rightness and success of the reconciliation between both nations in Europe had to listen the iconoclast opinion that while French-German post-war contacts had for sure initiated a successful process, it was one of disentanglement and “de-fascination”, eventually leading to a mutual lack of interest in each other. Today, more than a decade after Sloterdijk’s speech, which was published then as a “Theory of the Post-War Periods”[2], it seems we should take a careful look at the latest evolution of French-German relations since 1945 against the background of their latest history in order to verify (or refute) the accuracy of his argument. Could some of Sloterdijk’s disturbing interpretations turn out to be right? And should they be worrying to us?

The Leading Narrative

From today’s perspective, the armistice of 8th May, 1945 meant more than just the crucial event it directly referred to, i.e. the end of World War II in Europe. As many authors have shown, 1945 also put to an end an eminently toxic relationship between France and Germany that had been in existence for at least three generations. Whereas several historians, including Arno J. Mayer, Ian Kershaw, and Hans-Ulrich Wehler, forged the narrative of a ‘Second Thirty Years War’ (1914-1945)[3], interrupted by two decades of an uncertain peace (the Interwar period) in order to analyse the history of Europe in the first half of the twentieth century, sociologist Thomas J. Scheff, concentrating on the collective emotional dynamics in French-German relations, convincingly presented a model he called the “emotional feedback loop”[4] to characterise the conflicts between the French and the Germans from the beginnings of the Franco-Prussian War in 1870 until the final ceasefire of 1945.

Reconciliation was definitely not a popular option in the immediate aftermath of 1945, when the transgenerational mix of fear, shame, and aggression was still strongly present and active in both the French and German societies. Acknowledging the need for change in their mutual relations presupposed a deep metanoia process, for which Sloterdijk proposed the following so to speak ‘secularised definition’:

“the willingness to transform the cultural rules ascertained as detrimental to behavioural patterns of a less harmful form […]. [T]he term ‘metanoia’ […] does not mean […] Christian repentance but pragmatic relearning in order to increase civilizational viability.”[5]

This was actually the path taken by the FRG (Federal Republic of Germany), based on international strategic pressure as well as domestic political will. The latter was characterized by Lily Gardner Feldman as West Germany’s policy of reconciliation, meant to morally enable the German people to regain sovereignty and reintegrate into the community of nations after “Hitler’s war” had made them civilizational outcasts in Europe and beyond.[6]

Yet, given that reconciliation is possible only if the victim takes the first steps, it was up to France to make proposals and give its German counterpart opportunities to seize after 1945. Apart from bottom-up initiatives coming from civil society (individuals, associations, other groups), the decisive step had to be taken by state actors. Danielle Celermajer is certainly right when she argues that apologies by politicians for past crimes perpetrated by their nation are basically speech acts that differ emotionally from individual repentance.[7] Nevertheless they do constitute essential moments in bilateral reconciliation processes at the level of nations. French-German post-war relations experienced such important milestones, among which one should mention president gen. Charles de Gaulle’s and chancellor Konrad Adenauer’s reconciliation mass in Reims (July 1962), as well as president François Mitterrand’s and chancellor Helmut Kohl’s joint commemorative ceremony in Verdun (September 1984) as the two highlights that contributed to forge the narrative of the French-German reconciliation process as a model for the post-war reconstruction of bilateral relations.

Toppling the Totem

And in this context, along came Sloterdijk in the role of a killjoy with a completely different understanding of the above-mentioned process. While basically acknowledging the facts and the symbolic bilateral milestones of French-German reconciliation in particular, he put them in new light, interpreting them as a political roadmap that finally led to the “disentanglement” of two nations far too long destructively fascinated with each other—

“at least as far back as the era of the Napoleonic Wars whereby the Germans and the French had, culturally and politically, become caught up in an endless cycle of mimicry, imitation, one-upmanship and projective empathy with each other.”[8]

So far, so good. The German philosopher, however, went further and argued that the end of mutual fascination led both nations to lose not only passion, but even any sort of interest in the other. He observed a growing distance between French and German societies, in contrast to the narrative of friendship expressed at the bilateral political level. Even more disturbing and paradoxical for readers familiar with the French-German post-war success story, Sloterdijk considered the very project and process of inter-state “reconciliation” between France and (West) Germany as the condition that underpinned their collective disentanglement. The end of his essay reads like a provocation, calling the putative lack of mutual interest “beneficial” for both countries, and suggesting that, ideally, they were meant to live in a state of “happy disassociation”.[9]

Such a vision of French-German relations from the reconciliation to the present invites (and incites) us to put aside all of our best-known examples of how much interaction there has been between these two European partners over the past sixty years or so (counting from the first official reconciliation steps) until now: town-twinning, youth exchanges, dense trade relations, common economic projects etc. We should rather examine the facts and trends that could confirm Sloterdijk’s verdict – especially in the past decade since he delivered his speech. Among the signs showing that France and Germany can be seen, at least to some extent, as two nations peacefully drifting apart, the growing mutual lack of interest in the language of the other is perhaps the most striking: While French is still the second most taught foreign language in German secondary schools, a growing number of students drop it later at higher levels, whereas the teaching of German in French education has been constantly melting down since the 1970s, vegetating today at around 15% – far behind English as a foreign language. At the state level the global financial crisis (2007-2009), the European debt crisis (2009-2012), the European migrant crisis (at least since 2015), and the cordial disagreement between chancellor Angela Merkel and president Emmanuel Macron since 2017 over the latter’s European reform proposals all stress the differences between the French and German approaches to European problem-solving and further integration.[10] And even in today’s times of the Covid-19 pandemic, the solidarity actually shown in the field of medical assistance – with German hospitals accepting some French patients from overstrained Alsatian intensive care units – cannot hide the French-German dissonances about EU-Coronabonds.

Beyond the Banality of Normality

Does this mean that Sloterdijk was right? For sure we should look beyond his affinity for provocation, thunderous aphorisms, and sometimes vexing comparisons, in order to focus rather on what lies at the base of his theory of the post-war periods – a certain vision of normality that our wishful thinking about reconciliation needs to confront. Post-war processes indeed are not meant to last forever: transitional justice tries to punish perpetrators; coming to terms with the past enables nations to accept their own history; reconciliation aims at bringing former enemies together and having them learn the lessons from their common conflict-laden past. All of those processes seek to obtain a certain result – a new viable state of play thanks to which a community (or communities) can function, and past errors might not be repeated.

As a matter of fact however we are well-advised not to semantically and symbolically overload reconciliation. Once normality was obtained between France and Germany – with the end of Germany’s partition and the final stage of cold war – their bilateral relations experienced a certain banalisation within the European community: whereas state actors keep commemorating past conflicts and how they were overcome, civil societies look at each other using more prosaic criteria like cultural attractiveness and economic interests; e.g. if France and Germany are main trade partners with one another, it is not out of any feeling of responsibility arising from past conflicts, but rather in expectation of mutual benefit now and in the future. The same logic inspires the promising €500 billion European recovery plan jointly announced this week by Merkel and Macron to help EU economies pressured by the pandemic.[11]

Today, in 2020, when the war generation has almost passed away and the authenticity of both political remembrance rituals and the broader cultural memory has largely abated along with an unavoidable fading of the emotional bond between yesterday’s experiences and today’s actors, accepting the reality of ‘post-reconciliation’ means facing the challenge to the idea(l) of European togetherness. This is what we ought to care about much more than did Peter Sloterdijk in his sharp, but unaccountable, franc-tireur like theoretical essay.

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Further Reading

  • Celermajer, Danielle. The Sins of the Nation and the Ritual of Apologies. Cambridge: CUP, 2009.
  • Feldman, Lily Gardner. Germany’s foreign policy of reconciliation. From enmity to amity. Lanham – Boulder – New York: Rowman&Littlefield, 2012.
  • Scheff, Thomas J. Bloody Revenge. Emotions, Nationalism, and War. Boulder: Westview Press, 1994.

Web Resources

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[1] P. Sloterdijk, “Nachkriegszeiten in Frankreich und Deutschland. Eine kulturorthopädische Betrachtung,” November 15, 2007, https://www.freiburg.de/korrespondenzen/archiv/2007/pdo.htm (last accessed 22 April 2020).
[2] Peter Sloterdijk, Theory of the Post-War Periods. Observations of the Franco-German relations since 1945 (Wien – New York: Springer, 2009).
[3] Hans-Ulrich Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, Bd. 4: Vom Beginn des ersten Weltkriegs bis zur Gründung der beiden deutschen Staaten 1914–1949 (München: C.H. Beck, 2003).
[4] Thomas J. Scheff, Bloody Revenge. Emotions, Nationalism, and War (Boulder: Westview Press, 1994), 106.
[5] Sloterdijk, Theory of the Post-War Periods, 14.
[6] Lily Gardner Feldman, Germany’s foreign policy of reconciliation. From enmity to amity (Lanham – Boulder – New York: Rowman&Littlefield, 2012).
[7] Danielle Celermajer, The Sins of the Nation and the Ritual of Apologies (Cambridge: CUP, 2009), 56.
[8] Sloterdijk, Theory of the Post-War Periods, 45.
[9] Ibid., 44.
[10] Philip Stephens, “Angela Merkel and Emmanuel Macron: Europe’s missed chance,” Financial Times, February 20, 2020, https://www.ft.com/content/0be68bd6-5303-11ea-90ad-25e377c0ee1f  (last accessed 22 April 2020).
[11] Christina Goßner, Sarah Lawton, “Merkel and Macron roll out €500 billion COVID-19 recovery initiative,” Euractiv, May 19, 2020, https://www.euractiv.com/section/economy-jobs/news/merkel-and-macron-roll-out-e500-billion-covid-19-recovery-initiative/ (last accessed 22 May 2020).

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Image Credits

Passerelle des Deux Rives © 2018 Guilhem Vellut CC-BY 2.0 via flickr.

Recommended Citation

Weber, Pierre-Frédéric: War, Post-War, and Post-Post-War. In: Public History Weekly 8 (2020) 5, DOI: dx.doi.org/10.1515/phw-2020-16306.

Editorial Responsibility

Dominika Uczkiewicz / Krzysztof Ruchniewicz (Team Wrocław)

Als der deutsche Philosoph Peter Sloterdijk im November 2007 den Eröffnungsvortrag der 6. Deutsch-Französischen Kulturgespräche in Freiburg[1] hielt, konnte das Publikum nicht anders, als schockiert auf seine Worte reagieren. Der versammelte Saal war überzeugt von der historischen Richtigkeit und vom Erfolg der Versöhnung zwischen beiden Nationen in Europa und sah sich nun mit der ikonoklastischen Ansicht konfrontiert, die deutsch-französischen Kontakte der Nachkriegszeit hätten zwar tatsächlich einen erfolgreichen Prozess angestoßen, allerdings einen der Entflechtung und Entzauberung, der schließlich in gegenseitigem Desinteresse münden würde. Mehr als ein Jahrzehnt nach Sloterdijks Rede, die anschließend als „Theorie der Nachkriegszeiten“[2] publiziert wurde, sollen die neuesten Entwicklungen in den deutsch-französischen Beziehungen vor dem Hintergrund der jüngsten Geschichte seit 1945 näher analysiert werden, um die (Un)Genauigkeit seiner Beobachtungen zu überprüfen. Könnten sich einige von Sloterdijks verstörenden Interpretationen als richtig erweisen? Und wäre dies Anlass zu Besorgnis?

Das dominierende Narrativ

Aus heutiger Perspektive symbolisiert der Waffenstillstand vom 8. Mai 1945 mehr als das bedeutende Ereignis auf das er verweist, mehr als das Ende des Zweiten Weltkrieges in Europa. Wie von vielen Autor*innen aufgezeigt wurde, beendete das Jahr 1945 auch eine gut drei Generationen überspannende toxische Beziehung zwischen Deutschland und Frankreich. Mehrere Historiker, darunter Arno J. Mayer, Ian Kershaw und Hans-Ulrich Wehler, prägten mit Blick auf die erste Hälfte des europäischen 20. Jahrhunderts das Narrativ eines „zweiten Dreißigjährigen Krieges“ (1914-1945)[3], der unterbrochen war von einer zerbrechlichen Friedensphase (Zwischenkriegszeit). Dagegen konzentrierte sich der Soziologe Thomas J. Scheff auf die Dynamik kollektiver Emotionen in den deutsch-französischen Beziehungen und beschrieb überzeugend den Mechanismus einer „emotionalen Feedbackschleife“[4], die die Konflikte zwischen Deutschen und Französ*innen seit Beginn des Deutsch-Französischen Krieges 1870 bis zur endgültigen Waffenruhe 1945 bestimmt habe.

Direkt nach 1945, als in beiden Gesellschaften die transgenerationelle Mischung aus Angst, Scham und Aggressivität noch sehr präsent und lebendig war, war kaum jemand zur Versöhnung bereit. Mit der Anerkennung der Notwendigkeit einer Veränderung der bilateralen Beziehungen wurde eine tiefgreifende Metanoia notwendig, für die Sloterdijk nachfolgende, gewissermaßen säkularisierte Definition fand:

„[die] Bereitschaft zur Umformung der als schädlich erkannten Kulturregeln in weniger schädliche Muster […]. [Der] Ausdruck Metanoia […] bedeutet hier nicht so sehr die christliche Buße, sondern das weltliche Umlernen im Dienste erhöhter Zivilisationstauglichkeit“.[5]

Dies war der Weg, den die Bundesrepublik Deutschland auf internationales Drängen wie auch aus eigenem politischen Willen hin einschlug. Letzteren beschrieb Lily Gardner Feldman als westdeutsche Versöhnungspolitik, die die Deutschen moralisch in die Lage versetzen sollte, ihre Souveränität wiederzuerlangen und in die Gemeinschaft der europäischen Staaten zurückzukehren, aus der sie durch “Hitlers Krieg” als Zivilisationsbrecher verstoßen worden waren.[6]

Da das Versöhnungsangebot allerdings nur vom Opfer ausgehen kann, oblag es Frankreich, nach 1945 den ersten Schritt auf Deutschland zuzugehen. Neben zivilgesellschaftlichen Initiativen (Einzelner, von Organisationen und anderen Gruppen) musste die entscheidende Geste von staatlicher Seite aus erfolgen. Dabei argumentiert Danielle Celermajer sicherlich richtig, dass die von Politiker*innen geäußerten Entschuldigungen für vergangene Verbrechen, die im Namen ihrer Nation begangen wurden, Sprechakte sind, die sich in ihrer Emotionalität von individueller Reue grundlegend unterscheiden.[7] Dennoch sind es wesentliche Momente im Aussöhnungsprozess zwischen zwei Staaten. Als zwei Meilensteine in den deutsch-französischen Nachkriegsbeziehungen gelten die von General Charles de Gaulle und Bundeskanzler Konrad Adenauer im Juli 1962 gefeierte Versöhnungsmesse in Reims sowie die gemeinsam von Präsident François Mitterrand und Bundeskanzler Helmut Kohl zelebrierte Gedenkveranstaltung in Verdun im September 1984. Diese zwei Ereignisse trugen sicherlich dazu bei, dass der deutsch-französische Versöhnungsprozess als beispielhaft für die Rekonstruktion bilateraler Beziehungen in der Nachkriegszeit gilt.

Sturz der Idole

Und hier trat, mit seinem völlig anderen Verständnis des beschriebenen Prozesses, Sloterdijk als Spaßverderber auf. Während er die Ereignisse und die symbolischen Meilensteine der deutsch-französischen Versöhnung grundlegend anerkennt, interpretiert er sie neu als politischen Prozess, der schließlich zur “Entflechtung” der beiden Nationen führte, die zu lange durch eine zerstörerische Faszination füreinander verbunden gewesen waren –

“einer fatalen Überbeziehung, die mindestens bis in die Ära der napoleonischen Kriege zurückreichte und infolge welcher die Deutschen und die Franzosen sich in einer endlosen Folge von Spiegelungen, Nachahmungen, Überbietungen und projektiven Einfühlungen in den anderen, kulturell wie politisch, ineinander verhakt hatten“[8].

So weit, so gut. Der deutsche Philosoph geht jedoch noch weiter und argumentiert, dass das Ende der gegenseitigen Faszination nicht nur zu einer Abkühlung der Leidenschaft, sondern zu einem vollkommenen Verlust des Interesses aneinander führe. Er beobachtet eine wachsende Distanz zwischen der französischen und der deutschen Gesellschaft, die im Kontrast zum beiderseits auf politischer Ebene wiederholten Freundschaftsnarrativ stehe. Noch beunruhigender und paradoxer erscheint Leser*innen, die mit der deutsch-französischen Erfolgsgeschichte der Nachkriegszeit vertraut sind, Sloterdijks Auffassung, dass der Prozess der zwischenstaatlichen „Versöhnung“ zwischen (West)Deutschland und Frankreich die notwendige Voraussetzung für diese kollektive Entfremdung sei. Der Schluss seines Essays liest sich als Provokation, da er das vermeintliche gegenseitige Desinteresse als „wohltuend“ für beide Staaten bezeichnet und konstatiert, beiden sei bestimmt gewesen, im Zustand “glücklicher Entfremdung” zu leben.[9]

Eine derartige Sicht auf die deutsch-französischen Beziehungen, von der Versöhnung bis in die Gegenwart, lädt dazu ein, die wohlbekannten Beispiele des regen Austauschs in den vergangenen 60 Jahren (seit den ersten offiziellen Versöhnungsgesten), wie Städtepartnerschaften, Jugendaustausch, enge Handelsbeziehungen und gemeinsame Wirtschaftsprojekte, beiseite zu legen und stattdessen einige derjenigen Ereignisse und Entwicklungen – insbesondere aus den letzten zehn Jahren seit Sloterdijks Rede – anzureißen, die sein Urteil bekräftigen könnten.

Eines der wohl auffallendsten Anzeichen dafür, dass Deutschland und Frankreich sich zumindest bis zu einem gewissen Grad friedlich auseinandergelebt haben, ist das gefallene Interesse an der jeweils anderen Sprache. Zwar ist Französisch nach wie vor die am zweithäufigsten unterrichtete Fremdsprache an deutschen Mittelstufen, viele Schüler*innen wählen es aber in der Oberstufe ab. Die Zahl der Deutschlernenden an französischen Schulen fällt ebenfalls seit den 1970er Jahren kontinuierlich, beträgt heute nur mehr 15% und liegt damit weit abgeschlagen hinter dem Englischen. Auf staatlicher Ebene erkennt man Unterschiede zwischen deutschen und französischen Lösungsansätzen für die Probleme der EU sowie unterschiedliche Haltungen zur europäischen Integration. Besonders deutlich wurden diese während der globalen Finanzkrise (2007-2009), der Europäischen Schuldenkrise (2009-2012), der Europäischen Migrationskrise (seit 2015) und der seit 2017 bestehenden Meinungsverschiedenheiten zwischen Bundeskanzlerin Angela Merkel und Präsident Emmanuel Macron über dessen EU-Reformpläne.[10] Selbst die während der COVID-19-Pandemie geäußerte Solidarität deutscher Krankenhäuser, die französische Patient*innen aus überlasteten Elsässer Intensivstationen aufnahmen, kann nicht über die deutsch-französischen Differenzen um die sogenannten Corona-Bonds hinwegtäuschen.

Über die Banalität der Normalität hinaus

Bedeutet dies, dass Sloterdijk Recht hatte? Sloterdijks Hang zu Provokation, prägnanten Aphorismen und bisweilen ärgerlichen Vergleichen sollte übergangen werden, um sich auf die Grundlage seiner Theorie der Nachkriegszeiten zu konzentrieren: ein bestimmtes Verständnis von Normalität, das mit unserem Wunschdenken über Versöhnung konfrontiert werden müsse. Tatsächlich sind Nachkriegsprozesse endlich. Die Aufarbeitung der Vergangenheit dient der Bestrafung von Täter*innen und sie erlaubt einer Nation, die eigene Geschichte zu akzeptieren. Ein Versöhnungsprozess führt frühere Feind*innen zusammen und lässt sie lehrreiche Schlüsse aus der gemeinsamen konfliktbehafteten Vergangenheit ziehen. Diese Prozesse zielen auf ein Ergebnis ab; auf die Etablierung neuer Verhaltensregeln, nach denen sich eine Gesellschaft (bzw. Gesellschaften) richten und die Wiederholung von Fehlern vermeiden kann.

Tatsächlich ist gut daran getan, Versöhnung semantisch wie symbolisch nicht zu überhöhen. Mit dem Ende der deutschen Teilung und des Kalten Krieges wurde ein Zustand der Normalität zwischen Deutschland und Frankreich erreicht. Zugleich erlebten die deutsch-französischen Beziehungen eine gewisse Banalisierung innerhalb der europäischen Gemeinschaft: Staatliche Akteure gedenken weiterhin der vergangenen Konflikte und ihrer Überwindung, während die Zivilgesellschaften aus prosaischeren Gründen, wie kulturellem oder wirtschaftlichem Interesse, miteinander interagieren. Deutschland und Frankreich sind die jeweils stärksten Handelspartner füreinander und dies nicht aus dem Gefühl der historischen Verantwortung heraus, sondern in Erwartung eines beiderseitigen Nutzens in Gegenwart und Zukunft. Einer ähnlichen Logik folgt auch der aussichtsreiche 500 Milliarden Euro schwere europäische Wiederaufbaufonds, der diese Woche gemeinsam von Merkel und Macron als Hilfe für die von der Pandemie bedrängten EU-Volkswirtschaften angekündigt wurde.[11]

Im Jahr 2020, da die Kriegsgeneration beinahe in Gänze von uns gegangen ist, politische Gedenkrituale sowie die allgemeinere Erinnerungskultur an Authentizität verloren haben und die emotionale Bindung zwischen heutigen Akteur*innen und vergangenen Ereignissen schwindet, stellt die Annahme einer „Post-Versöhnungsphase“ eine Herausforderung für Idee und Ideal der europäischen Gemeinschaft dar. Darauf sollte mehr Rücksicht genommen werden, als Sloterdijk dies in seinem zwar scharfsinnigen, sich jedoch der Verantwortung entziehenden, guerillaartigen Essay getan hat.

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Literaturhinweise

  • Celermajer, Danielle. The Sins of the Nation and the Ritual of Apologies. Cambridge: CUP, 2009.
  • Feldman, Lily Gardner. Germany’s foreign policy of reconciliation. From enmity to amity. Lanham – Boulder – New York: Rowman&Littlefield, 2012.
  • Scheff, Thomas J. Bloody Revenge. Emotions, Nationalism, and War. Boulder: Westview Press, 1994.

Webressourcen

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[1] P. Sloterdijk, “Nachkriegszeiten in Frankreich und Deutschland. Eine kulturorthopädische Betrachtung,” November 15, 2007, https://www.freiburg.de/korrespondenzen/archiv/2007/pdo.htm (letzter Zugriff 22. April 2020).
[2] Peter Sloterdijk, Theory of the Post-War Periods. Observations of the Franco-German relations since 1945 (Wien – New York: Springer, 2009).
[3] Hans-Ulrich Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, Bd. 4: Vom Beginn des ersten Weltkriegs bis zur Gründung der beiden deutschen Staaten 1914–1949 (München: C.H. Beck, 2003).
[4] Thomas J. Scheff, Bloody Revenge. Emotions, Nationalism, and War (Boulder: Westview Press, 1994), 106.
[5] Sloterdijk, Theory of the Post-War Periods, 14.
[6] Lily Gardner Feldman, Germany’s foreign policy of reconciliation. From enmity to amity (Lanham – Boulder – New York: Rowman&Littlefield, 2012).
[7] Danielle Celermajer, The Sins of the Nation and the Ritual of Apologies (Cambridge: CUP, 2009), 56.
[8] Sloterdijk, Theory of the Post-War Periods, 45.
[9] Ibid., 44.
[10] Philip Stephens, “Angela Merkel and Emmanuel Macron: Europe’s missed chance,” Financial Times, February 20, 2020, https://www.ft.com/content/0be68bd6-5303-11ea-90ad-25e377c0ee1f  (letzter Zugriff 22. April 2020).
[11] Christina Goßner, Sarah Lawton, „Merkel und Macron schlagen 500-Milliarden-Euro Fonds für Wiederaufbau vor,” Euractiv, May 18, 2020, https://www.euractiv.de/section/finanzen-und-wirtschaft/news/merkel-und-macron-schlagen-500-milliarden-euro-fonds-fuer-wiederaufbau-vor/ (letzter Zugriff 22. Mai 2020).

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Abbildungsnachweis

Passerelle des Deux Rives © 2018 Guilhem Vellut CC-BY 2.0 via flickr.

Empfohlene Zitierweise

Weber, Pierre-Frédéric: Krieg, Nachkriegszeit und Nachnachkriegszeit. In: Public History Weekly 8 (2020) 5, DOI: dx.doi.org/10.1515/phw-2020-16306.

Redaktionelle Verantwortung

Dominika Uczkiewicz / Krzysztof Ruchniewicz (Team Wrocław)

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DOI: dx.doi.org/10.1515/phw-2020-16306

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