Controversies over Monuments: An Opportunity

Les Monuments Controversés: Une Opportunité | Denkmalsdebatten: Eine Gelegenheit


Les récentes controverses sur les monuments coloniaux et aux Confédérés sont quelque peu trompeuses. Exceptés pour les principaux sites touristiques, la plupart des monuments restent invisibles. Un des points soulevés lors de ces discussions est le besoin de comprendre les monuments dans un contexte historique et spatial beaucoup plus large. Le contexte historique, la demande sociale, et la multitude d’exemples offrent aux historiens l’opportunité de développer l’histoire publique internationale et d’affirmer le besoin d’histoire (publique).

Besoins d’Histoire: Questionner les Monuments

L’histoire publique est davantage un processus qu’un produit final.[1] Les monuments offrent ainsi aux historiens l’occasion de réaffirmer ce que peut apporter l’histoire. Robert Parkes a ainsi récemment affirmé que les monuments sont des textes dont la signification est ouverte aux multiples interprétations.[2] Voilà en quoi l’histoire peut être utile; les monuments ne sont pas différents des autres sources/archives. Le Service des Parcs Nationaux aux Etats-Unis a ainsi publié une ressource pédagogique pour questionner les monuments et leur significations visuelles. Toutefois, questionner un monument va bien au-delà du visuel et nécessite sa mise en contexte. L’historien Nick Sacco explique qu’il est important de distinguer entre le passé, les archives, et l’interprétation historique. Il ajoute que les monuments nous renseignent davantage sur le contexte de leur construction que sur l’événement qu’ils sont censés commémorer.[3]

Pourquoi et par qui les monuments furent-ils construits? La contextualisation des monuments aux Confédérés révèle que la plupart ne furent pas construits juste après la Guerre de Sécession mais bien dans le contexte de tensions ethniques et de résurgence des mouvements de défense de la suprématie blanche entre 1900 et 1920 et lors de la campagne pour les droits civiques dans les années 1960.[4] Outre le contexte historique, nous devons également questionner la situation géographique. Les monuments sont-ils dans l’espace public – près d’une institution officielle – ou dans un espace privé? Y a-t-il d’autres monuments autour? Etudiant sud-africain ayant participé à la campagne “Rhodes Doit Tomber” en 2015, Athabile Nonxuba explique que la statue de Cecil Rhodes pouvait être vue de tout le campus de l’Université du Cap et participait donc à “coloniser” l’espace universitaire.[5] Il est clair que l’historien contribue à une meilleure compréhension des monuments.

Le Contexte International des Monuments

J’ai récemment écrit dans PHW qu’il était nécessaire – comme cela est encouragé par la Fédération Internationale pour l’Histoire Publique – de dépasser les frontières en histoire publique.[6] Par exemple, les monuments aux Confédérés ne sont qu’une des nombreuses étapes dans l’histoire controversée des monuments. Les autorités politiques et religieuses ont utilisé des monuments pour assoir, solidifier, et représenter leur pouvoir. La performativité du discours a rendu les monuments des cibles de tout changement de régime. Relique de la colonisation britannique, la statue de la reine Victoria a ainsi été déplacée de la cour du Parlement par le gouvernement irlandais en 1948.[7] De même, l’une des premières actions de l’armée américaine à Bagdad en 2003 fut de détruire la statue de Saddam Hussein.[8]

L’histoire publique peut explorer les relations chronologiques et spatiales entre les différents usages des monuments. “Rhodes Doit Tomber” fut un mouvement étudiant qui, en 2015, demandait le déplacement de la statue de Cecil Rhodes du campus de l’université du Cap en Afrique du Sud.[9] Bien que le contexte post-Apartheid soit particulier, le mouvement est symbolique des discussions internationales qui remettent en question les représentations colonialistes du passé. Cheryl Frei a récemment démontré des débats similaires en Argentine. Ainsi, en 2013, le Président Fernández de Kirchner décida de déplacer la statue de Christophe Colomb puis de la remplacer par celle de Juana Azurduy de Padilla, une combattante pour l’indépendance d’origine indigène. En mettant en question la glorification des puissances colonisatrices pour donner davantage d’importance aux victimes de l’oppression, ces exemples possèdent des similarités avec les controverses sur les monuments aux Confédérés.

Activisme et Justice Sociale

Les débats publics enflammés et l’hétérogénéité des contextes locaux rendent l’étude des monuments très compliquée. Aucune solution d’ensemble ne peut être appliquée à tous les monuments. Un monument aux Confédérés placé dans un cimetière n’a pas la même signification qu’un monument situé devant une cour de justice. Les historiens peuvent tout de même participer à l’étude des monuments, à leurs interprétations historiques, ainsi qu’à la portée idéologique. En outre, les monuments sont liés à deux aspects particuliers de l’histoire publique. En Amériques du Nord, les débats se sont récemment portés sur les notions d’activisme et de justice sociale. Symbolisé par la création de Active History au Canada, l’objectif est de renforcer les minorités ethniques.[10] Aux regards des monuments, l’histoire publique pourrait remettre en question les représentations colonialistes et racistes du passé et ainsi donner plus de place aux minorités ethniques souvent passées sous silence.

Monuments et “Espaces du Passé”

Bien que certains monuments puissent être extrêmement offensants, je ne crois pas que la destruction – d’autant plus si celle-ci n’est pas autorisée par les autorités – soit la solution à privilégier en priorité. Détruire un monument peut tout d’abord être contre-productif et contribuer à renforcer les thèses racistes et colonialistes. D’autre part, cette destruction peut être ressentie comme une grave violence par des personnes qui, bien qu’elles ne partagent pas les thèses racistes, peuvent avoir des souvenirs agréables liés au monument.

Brillamment interprété par David Glassberg, le concept d’espace est au cœur de l’histoire publique. La localisation des monuments est cruciale et influence son l’interprétation. C’est pourquoi le rassemblement de monuments soviétiques dans des parcs (le Parc Memento en Hongrie ou le Parc Grūtas en Lituanie) est un acte majeur de désacralisation.[11] Architecte du Parc Memento, Ákos Eleőd, expliquait que “Le Parc traite de la dictature. Et en même temps, parce qu’il est possible d’en parler, d’en discuter, le Parc traite aussi de la démocratie”.[12] Séparés de leur site officiel, les monuments sont comme des objets d’un musée qui, comme l’affirmait Théodore Adorno, “se meurent puisqu’ils n’ont plus de lien actif avec le visiteur. Ils doivent leur préservation à un respect historique et non plus aux besoins du présent”.[13] Réaménagés dans des lieux d’interprétation, les monuments controversés entrent dans l’histoire et ne représentent plus ce que les sociétés acceptent de célébrer.

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Lectures supplémentaires

Resources sur le web

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[1] Voir la vidéo créée pour la conférence organisée à l’Institut Universitaire Européen “What is Public History for You?”, 16 Mars 2015, www.youtube.com/whatispublichistoryforyou (consulté le 7 Décembre 2017).
[2] Robert Parkes, “Are Monuments History?” Public History Weekly 5, no. 34 (2017), DOI: dx.doi.org/10.1515/phw-2017-10215 (consulté le 7 Décembre 2017).
[3] Voir le blog: Nick Sacco on the Confederate Monuments, Monuments in History, www.monumentsinhistory.wordpress.com/guest-lecture-nick-sacco (consulté le 7 Décembre 2017).
[4] Voir le site web du Southern Poverty Center et leur article “Whose Heritage? Public Symbols of the Confederacy”, 21 Avril 2016, www.splcenter.org/whose-heritage-public-symbols-confederacy (consulté le 7 Décembre 2017).
[5] Voir le blog: Rhodes Must Fall Campaign, Monuments in History, www.monumentsinhistory.wordpress.com/rhodes-must-fall-campaign-athabile-nonxuba-south-africa (consulté le 7 Décembre 2017).
[6] Voir ma contribution: Thomas Cauvin, “Crossing Barriers: an International Public History,” Public History Weekly 5, no. 13 (2017), DOI: dx.doi.org/10.1515/phw-2017-9018 (consulté le 7 Décembre 2017).
[7] La statue est à Sydney (Australie) depuis 1986. Voir le blog: Statues of Dublin: The unveiling (and removal) of Queen Victoria. Come Here to Me: Dublin Life and Culture, 24 Mai 2012, www.comeheretome.com/statues-of-dublin-the-unveiling-and-removal-of-queen-victoria (consulté le 7 Décembre 2017).
[8] Max Fischer, “The Truth About Iconic 2003 Saddam Statue-Toppling,” The Atlantic, 3 Janvier 2011, www.theatlantic.com/the-truth-about-iconic-2003-saddam-statue-toppling (consulté le 7 Décembre 2017).
[9] Voir le blog: “Rhodes Must Fall Campaign”, “Monuments in History”, www.monumentsinhistory.wordpress.com/rhodes-must-fall-campaign-athabile-nonxuba-south-africa (consulté le 7 Décembre 2017).
[10] Voir le site web Active History au Canada, www.activehistory.ca (consulté le 7 Décembre 2017).
[11] Voir les sites web du Memento Park et du Grūtas Park, www.mementopark.hu et www.grutoparkas.lt (consulté le 7 Décembre 2017).
[12] “Memento Park” Wikipedia article, www.wikipedia.org/Memento_Park, (consulté le 7 Décembre 2017).
[13] Theodor Adorno, ValŽry Proust Museum in memory of Hermann von Grab (London: Garden City Press, 1967), 175.

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Crédits illustration
Estatua de Cristóbal Colón en proceso de restauración © Banfield, CC BY-SA 2.5 AR, www.wikimedia.org/Estatua_de_Cristóbal_Colón_en_proceso_de_restauración_-_Buenos_Aires (consulté le 7 Décembre 2017).

Citation recommandée
Cauvin, Thomas: Les Monuments Controversés: Une Opportunité pour l’Histoire Publique Internationale. In: Public History Weekly 5 (2017) 42, DOI: dx.doi.org/10.1515/phw-2017-10685.

Responsabilité éditoriale
Christian Bunnenberg / Peter Gautschi

Copyright (c) 2017 by De Gruyter Oldenbourg and the author, all rights reserved. This work may be copied and redistributed for non-commercial, educational purposes, if permission is granted by the author and usage right holders. For permission please contact: elise.wintz (at) degruyter.com.

The recent controversies over colonial and Confederate monuments is somehow misleading. Most of monuments – except for the most famous touristic sites – go unnoticed. If the recent discussions have shown one thing, it is the need to set monuments into broader spatial and historical context. Historical context, the public demand for discussion, and the multiple cases all over the world offer a wonderful opportunity to foster international public history and to assert that (public) history matters.

History Matters: Interviewing Monuments

Public history is not so much about final products as it is about a process.[1] Monuments offer historians a unique opportunity to re-assert why history matters. As Robert Parkes recently pointed out, monuments are texts, so their meaning is open to interpretation.[2] This is why historical methodology can help; monuments are no different from other sources/archives. The National Park Service in the United States published a pedagogical resource to “interview a monument” and to study visual narratives. However, “interviewing” a monument goes beyond visual narratives and requires contextualization. As historian and park ranger Nick Sacco explains, it is critical to distinguish between the past, the archives, and historical interpretation. He rightly adds that monuments tell much more about the context in which they were built than the event they commemorate.[3]

Why were the monuments built, and by whom? Contextualizing Confederate monuments reveals that most of them were not built right after the U.S Civil War but in times of ethnic tensions and resurgence of the white supremacists between 1900 and the 1920s, as well as during the civil rights movement in the 1960s.[4] In addition to the historical context, we also need to question spatial construction. Are monuments on public – close to any official buildings/institutions – or private land? Are there other monuments around? South African student activist who took part in the Rhodes Must Fall campaign (2015), Athabile Nonxuba explains that Cecil Rhodes’ statue could be seen from all over the University of Cape Town campus, and by doing so, contributed to “colonize” the space.[5] This is clear, history matters and can contribute to better understanding monuments.

Monuments in International Context

A few months ago, I wrote in PHW it was necessary to – as the International Federation for Public History encourages – cross national barriers in public history.[6] For instance, Confederate monuments are but one recent steps of the long international history of controversial monuments. Among other functions, religious and political authorities have used monuments to construct, solidify, and display their power. The performativity of the narratives has made monuments easy targets for new political regimes. Although it took them more than 20 years, the Irish government removed the statue of Queen Victoria – relic of the British colonization – from the Parliament square in 1948.[7] Likewise, in April 2003, one of the first acts of the U.S Army in Baghdad was to destroy Saddam Hussein’s statue.[8]

International public history explores the connections in space and time between the different uses of monuments. The 2015 Rhodes Must Fall (RMF) campaign in South Africa – and its ongoing parallel at the University of Oxford – was a student movement asking for the removal of Cecil Rhodes’ statue on the campus of the University of Cape Town.[9] Although embedded in the context of post-Apartheid, RMF is symbolic of an international discussion that challenges colonial representations of the past. As recently discussed by Cheryl Frei, Argentina has been going through similar discussions. In 2013, President Fernández de Kirchner decided to remove the statue of Christopher Columbus and to replace it with a monument to Juana Azurduy de Padilla, a female independence fighter of indigenous heritage. Those examples connect with the Confederate monuments in the sense that traditional celebration of white powers is increasingly contested in order to give voice to the victims of colonization and white supremacists.

Activism and Social Justice

Dealing with public monuments is a complex issue due to the impassionate public opinions but also due to the multiple different local contexts. There is no general rule or solution that could be applied to monuments. For instance, a Confederate monument in a cemetery or in front of a court of justice has very different meanings. However, historians should not back off of the public debates. Historians can contribute to identifying the monuments, their historical functions and narratives, and how and for whom they appear problematic. Besides, monuments deeply relate to some specific aspects of public history. In North America (United States and Canada), recent debates have centered on the notions of activism and social justice. Symbolized by the creation of Active History in Canada, one common objective is to support social justice through empowering ethnic minorities.[10] Applied to monuments, public history could help question the colonial, white, great-men focus and the space granted to ethnic minorities in the official representations of the past.

Monuments and the “Place of the Past”

Although some monuments can be extremely offensive and should be removed, I do not think destruction – even more when it is done without the consent of local authorities – is the immediate solution. First, destroying a monument can transform its aggressive narratives into narratives of victimization, and therefore be counterproductive. Besides, destruction can be felt as a very aggressive act by some people who, although they do not share the monument’s narrative, have personal and positive memories associated with the monument as site of local history.

Brilliantly explored by David Glassberg, the concept of place is at the center of public history. Where those monuments are built matters, not only due to people’s perception of place, but because the site attributes meaning to the monument. This is why, for instance, gathering monuments from the Soviet era and relocating them in parks (Memento Park in Hungary or Grūtas Park in Lithuania) has been such a powerful act of desecration.[11] As Ákos Eleőd, architect of Memento Park, argued “This park is about dictatorship. And at the same time, because it can be talked about, described, built, this park is about democracy.”[12] Monuments removed from official space are like objects in museums for which, Theodore Adorno argued, “the observer no longer has a vital relationship and which are in the process of dying. They owe their preservation more to historical respect than the needs of the present.”[13] Relocated in sites of interpretation, controversial monuments enter history and no longer reflect what society, as a group, wants to celebrate.

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Further Reading

Web Resources

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[1] See the video made during the conference on public history organized at the European University Institute: “What is Public History for You?”, 16 March 2015, www.youtube.com/whatispublichistoryforyou (last accessed 7 December 2017).
[2] Robert Parkes, “Are Monuments History?” Public History Weekly 5, no. 34 (2017), DOI: dx.doi.org/10.1515/phw-2017-10215 (last accessed 7 December 2017).
[3] See the blog on monuments in history: Nick Sacco on the Confederate Monuments, Monuments in History, www.monumentsinhistory.wordpress.com/guest-lecture-nick-sacco (last accessed 7 December 2017).
[4] See the website of the Southern Poverty Center and their article “Whose Heritage? Public Symbols of the Confederacy”, 21 April 2016, www.splcenter.org/whose-heritage-public-symbols-confederacy (last accessed 7 December 2017).
[5] See the blog on monuments in history: “Rhodes Must Fall Campaign”, “Monuments in History”, www.monumentsinhistory.wordpress.com/rhodes-must-fall-campaign-athabile-nonxuba-south-africa (last accessed 7 December 2017).
[6] See my contribution in Public History Weekly: Thomas Cauvin, “Crossing Barriers: an International Public History,” Public History Weekly 5, no. 13 (2017), DOI: dx.doi.org/10.1515/phw-2017-9018 (last accessed 7 December 2017).
[7] The statue has been in Sydney (Australia) since 1986. See the blog post “Statues of Dublin: The unveiling (and removal) of Queen Victoria”. Come Here to Me: Dublin Life and Culture, 24 May 2012, www.comeheretome.com/statues-of-dublin-the-unveiling-and-removal-of-queen-victoria (last accessed 7 December 2017).
[8] Max Fischer, “The Truth About Iconic 2003 Saddam Statue-Toppling,” The Atlantic, 3 January 2011, www.theatlantic.com/the-truth-about-iconic-2003-saddam-statue-toppling (last accessed 7 December 2017).
[9] See the blog on monuments in history: Rhodes Must Fall Campaign, Monuments in History, www.monumentsinhistory.wordpress.com/rhodes-must-fall-campaign-athabile-nonxuba-south-africa (last accessed 7 December 2017).
[10] See the website of Active History in Canada, www.activehistory.ca (last accessed 7 December 2017).
[11] See the Memento Park and Grūtas Park’s websites, www.mementopark.hu and www.grutoparkas.lt (last accessed 7 December 2017).
[12] “Memento Park” Wikipedia article, www.wikipedia.org/Memento_Park, (last accessed 7 December 2017).
[13] Theodor Adorno, ValŽry Proust Museum in memory of Hermann von Grab (London: Garden City Press, 1967), 175.

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Image Credits
Estatua de Cristóbal Colón en proceso de restauración © Banfield, CC BY-SA 2.5 AR, www.wikimedia.org/Estatua_de_Cristóbal_Colón_en_proceso_de_restauración_-_Buenos_Aires (last accessed 7 December 2017)

Recommended Citation
Cauvin, Thomas: Controversies over Monuments: An Opportunity for International Public History. In: Public History Weekly 5 (2017) 42, DOI: dx.doi.org/10.1515/phw-2017-10685.

Editorial Responsibility
Christian Bunnenberg / Peter Gautschi

Copyright (c) 2017 by De Gruyter Oldenbourg and the author, all rights reserved. This work may be copied and redistributed for non-commercial, educational purposes, if permission is granted by the author and usage right holders. For permission please contact: elise.wintz (at) degruyter.com.

Die jüngsten Debatten über Kolonial- und Konföderationsdenkmäler sind irgendwie irreführend. Die meisten Denkmäler – mit Ausnahme derjenigen an den bekanntesten Touristenorten – bleiben davon unberührt. Wenn die jüngsten Diskussionen aber eines gezeigt haben, dann die Notwendigkeit, Denkmäler in einen breiteren räumlichen und historischen Kontext einzuordnen. Der historische Kontext, der öffentliche Diskussionsbedarf und die zahlreichen Beispiele in der ganzen Welt bieten eine wunderbare Möglichkeit, die internationale Public History zu fördern und zu unterstreichen, dass (öffentliche) Geschichte von Bedeutung ist.

Geschichte zählt – Denkmäler befragen

In der Public History geht es weniger um Endprodukte als vielmehr um einen Prozess.[1] Denkmäler bieten HistorikerInnen die einmalige Chance, die Relevanz von Geschichte zu unterstreichen. Wie Robert Parkes unlängst betonte, sind Denkmäler Texte, sodass ihre Bedeutung offen für Interpretationen ist.[2] Weil sich Denkmäler nicht von anderen Quellen unterscheiden, kann die historische Methode hilfreich sein. Der US-amerikanische National Park Service hat einen didaktischen Leitfaden publiziert, um Denkmäler und ihre visuellen Bedeutungen zu befragen. Allerdings geht das Befragen weit über das Sichtbare hinaus und bedarf der historischen Kontextualisierung. Wie der Historiker und Parkwächter Nick Sacco erläutert, ist es entscheidend, zwischen Vergangenheit, Überlieferung und geschichtlicher Interpretation zu unterscheiden. Zu Recht fügt er hinzu, dass Denkmäler viel mehr über ihre Entstehungszeit erzählen als über das Ereignis, an das sie erinnern sollen.[3]

Warum wurden die Denkmäler gebaut? Von wem? Die Kontextualisierung von Konföderationsdenkmälern zeigt, dass die Mehrheit von ihnen nicht unmittelbar nach dem US-amerikanischen Bürgerkrieg errichtet wurde, sondern in Zeiten ethnischer Spannungen und dem Erstarken weißer Suprematisten zwischen 1900 und den 1920er Jahren sowie während der Bürgerrechtsbewegung in den 1960er Jahren.[4] Neben dem historischen Kontext sollte auch nach ihrem Aufstellungsort gefragt werden. Stehen sie im öffentlichen Raum – in der Nähe zu offiziellen Gebäuden oder Institutionen – oder auf privatem Boden? Befinden sich weitere Denkmäler in der Nähe? Der südafrikanische studentische Aktivist Athabile Nonxuba, der an der “Rhodes Must Fall“-Kampagne (2015) teilnahm, erläutert, dass die Cecil-Rhodes-Statue vom gesamten Campus der Universität Kapstadt aus sichtbar war und dadurch zur “Kolonialisierung” des Raumes beitrug.[5] Es wird damit deutlich, dass die Geschichtswissenschaft wichtig ist und zu einem besseren Verständnis von Denkmälern beitragen kann.

Denkmäler im internationalen Kontext

Vor einigen Monaten schrieb ich hier bei Public History Weekly, dass es notwendig sei – wie auch von der International Federation for Public History gefordert – in der Public History über nationale Grenzen hinweg zu kooperieren.[6] So stellen etwa die Debatten um die Konföderationsdenkmäler nur eine der jüngsten Episoden in der langen internationalen Geschichte kontrovers diskutierter Denkmäler dar.

Religiöse und politische Autoritäten haben Denkmäler unter anderem zum Aufbau, zur Sicherung und Präsentation ihrer Macht genutzt. Die Wirksamkeit ihrer Aussage hat Denkmäler zu beliebten Zielen nachfolgender politischer Regimes gemacht. Die irische Regierung hat, wenn auch erst nach über 20 Jahren, 1948 die Statue Königin Victorias – ein Relikt der britischen Kolonialisierung – vom Platz vor dem Parlament entfernt.[7] Ebenso hat die US-amerikanische Armee als eine ihrer ersten Handlungen im April 2003 die Statue Saddam Husseins zerstört.[8]

Eine internationale Public History untersucht die Verbindungen zwischen Ort und Zeit zwischen den verschiedenen Nutzungen von Denkmälern. Die “Rhodes Must Fall“-Kampagne (RMF) von 2015 in Südafrika – und ihre noch laufende Parallele an der Oxford Universität – war eine StudentInnenbewegung, die eine Demontage der Cecil-Rhodes-Statue vom Campus der Universität Kapstadt forderte.[9]

Obwohl sie im Post-Apartheids-Kontext eingebettet ist, steht die RMF für eine internationale Diskussion, die koloniale Repräsentationen der Vergangenheit infrage stellt. Wie unlängst von Cheryl Frei vorgestellt, haben ähnliche Debatten auch in Argentinien stattgefunden. 2013 entschied Präsident Fernández de Kirchner, ein Denkmal Christoph Kolumbus‘ durch eines für Juana Azurduy Padillas, einer Unabhängigkeitskämpferin indigener Abstammung, zu ersetzen. Derartige Beispiele sind insofern mit den Diskussionen um Konföderations-Denkmäler verwandt, weil die traditionelle Ehrung weißer Macht zunehmend infrage gestellt und weil den Opfern von Kolonisation und weißem Suprematismus eine Stimme gegeben wird.

Aktivismus und soziale Gerechtigkeit

Nicht nur aufgrund der leidenschaftlich geführten öffentlichen Debatten, sondern auch aufgrund der vielen unterschiedlichen lokalen Kontexte, ist der Umgang mit Denkmälern eine komplexe Angelegenheit. Es gibt keine allgemeingültige Regel oder Lösung für den Umgang mit Denkmälern. So hat beispielsweise ein konföderiertes Denkmal auf einem Friedhof oder vor einem Gerichtshof ganz unterschiedliche Bedeutungen. HistorikerInnen sollten sich daher nicht aus öffentlichen Debatten zurückziehen. Sie können dazu beitragen, die Denkmäler, ihre historischen Funktionen und Narrative zu identifizieren sowie zu erläutern, wie und für wen sie problematisch erscheinen. Daneben stehen Denkmäler in engem Bezug zu bestimmten Aspekten der Public History. In Nordamerika (den Vereinigten Staaten und Kanada) konzentrieren sich die jüngsten Debatten um die Begriffe ‘Aktivismus’ und ‘soziale Gerechtigkeit’. Versinnbildlicht durch die Schaffung der Active History in Kanada, ist ein gemeinsames Ziel, durch die Stärkung ethnischer Minderheiten soziale Gerechtigkeit zu fördern.[10] In Bezug auf Denkmäler kann Public History helfen, die koloniale, weiße und auf große Staatsmänner beschränkte Perspektive sowie den Raum zu hinterfragen, der ethnischen Minderheiten in offiziellen Vergangenheitsrepräsentationen zugesprochen wird.

Denkmäler und der “Ort der Vergangenheit”

Obwohl einige Denkmäler sehr viel Anstoß erregen und entfernt werden sollten, ist meiner Meinung nach ihre Zerstörung keine unmittelbare Lösung, umso weniger, wenn sie ohne die Zustimmung lokaler Autoritäten geschieht. Zunächst kann die Zerstörung eines Denkmals dazu führen, dass sich das aggressive Narrativ eines Denkmals in ein Opfernarrativ transformiert und sich die Zerstörung damit kontraproduktiv auswirkt. Außerdem kann eine Zerstörung auch von Personen als aggressiver Akt verstanden werden, die die Aussage des Denkmals zwar nicht unterstützen, aber persönliche, positive Erinnerungen mit ihm als einem Objekt der lokalen Geschichte verbinden. Wie David Glassberg wunderbar analysiert hat, steht der Raum im Zentrum der Public History. Der Ort, an dem ein Denkmal errichtet wird, hat Bedeutung, nicht nur aufgrund menschlicher Raumvorstellungen, sondern auch, weil der Ort dem Denkmal Bedeutung zuschreibt.

Daher stellt beispielsweise die Entfernung sowjetischer Denkmäler von ihren ursprünglichen Orten und ihre Neuplatzierung in Parks (der Szoborpark in Ungarn oder Grūtas-Park in Litauen) einen derart ausdrucksstarken Akt der Entweihung dar.[11] Ákos Eleőd, Architekt des Szoborparks, argumentiert, dass “dieser Park die Diktatur thematisiert. Zugleich, da er diskutiert, beschrieben, gebaut werden kann, ist er der Demokratie gewidmet”.[12] Denkmäler, die aus dem öffentlichen Raum entfernt werden, sind wie Objekte in Museen, zu denen, so Theodor Adorno, “der Betrachter nicht mehr lebendig sich verhält und die selber absterben. Sie werden mehr aus historischer Rücksicht aufbewahrt als aus gegenwärtigem Bedürfnis”.[13] Sobald Denkmäler in neue Interpretationsräume verfrachtet werden, gehören kontroverse Denkmäler der Vergangenheit an und reflektieren nicht mehr, was eine Gesellschaft ehren will.

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Literaturhinweise

Webressourcen

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[1] Vgl. das Video, das während der Public History Konferenz des Europäischen Hochschulinstituts aufgenommen wurde: “What is Public History for You?”, 16. März 2015, www.youtube.com/whatispublichistoryforyou (Letzter Zugriff am 07.12.2017).
[2] Robert Parkes, “Are Monuments History?” Public History Weekly 5, no. 34 (2017), DOI: dx.doi.org/10.1515/phw-2017-10215 (Letzter Zugriff am 07.12.2017).
[3] Vgl. den Blog über Denkmäler in der Geschichtswissenschaft: Nick Sacco on the Confederate Monuments, Monuments in History, www.monumentsinhistory.wordpress.com/guest-lecture-nick-sacco (Letzter Zugriff am 07.12.2017).
[4] Siehe die Webseite des Southern Poverty Center und den Artikel “Whose Heritage? Public Symbols of the Confederacy”, 21. April 2016, www.splcenter.org/whose-heritage-public-symbols-confederacy (Letzter Zugriff am 07.12.2017).
[5] Vgl. den Blog über Denkmäler in der Geschichtswissenschaft: Rhodes Must Fall Campaign, Monuments in History, www.monumentsinhistory.wordpress.com/rhodes-must-fall-campaign-athabile-nonxuba-south-africa (Letzter Zugriff am 07.12.2017).
[6] Siehe meinen Beitrag auf Public History Weekly: Thomas Cauvin, “Crossing Barriers: an International Public History,” Public History Weekly 5, no. 13 (2017), DOI: dx.doi.org/10.1515/phw-2017-9018 (Letzter Zugriff am 07.12.2017).
[7] Die Statue stand in Sydney (Australien) bis 1986. Siehe den Blogbeitrag von “Statues of Dublin: The unveiling (and removal) of Queen Victoria”. Come Here to Me: Dublin Life and Culture, 24. Mai 2012, www.comeheretome.com/statues-of-dublin-the-unveiling-and-removal-of-queen-victoria (Letzter Zugriff am 07.12.2017).
[8] Max Fischer, “The Truth About Iconic 2003 Saddam Statue-Toppling,” The Atlantic, 3 Janvier 2011, www.theatlantic.com/the-truth-about-iconic-2003-saddam-statue-toppling (Letzter Zugriff am 07.12.2017).
[9] Vgl. den Blog über Denkmäler in der Geschichtswissenschaft: Rhodes Must Fall Campaign, Monuments in History, www.monumentsinhistory.wordpress.com/rhodes-must-fall-campaign-athabile-nonxuba-south-africa (Letzter Zugriff am 07.12.2017).
[10] Siehe die Webseite der Active History in Kanada, www.activehistory.ca (Letzter Zugriff am 07.12.2017).
[11] Siehe die Webseiten des Szoborparks [im Englischen Memento Park – Anm. d. Ü.] und des Grūtas Parks: www.mementopark.hu und www.grutoparkas.lt (Letzter Zugriff am 07.12.2017).
[12] “Szoborpark” Wikipediaartikel, www.wikipedia.org/Memento_Park, (Letzter Zugriff am 07.12.2017).
[13] Theodor Adorno, ValŽry Proust Museum in memory of Hermann von Grab (London: Garden City Press, 1967), 175.

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Abbildungsnachweis
Estatua de Cristóbal Colón en proceso de restauración © Banfield, CC BY-SA 2.5 AR, www.wikimedia.org/Estatua_de_Cristóbal_Colón_en_proceso_de_restauración_-_Buenos_Aires (Letzter Zugriff am 07.12.2017)

Empfohlene Zitierweise
Cauvin, Thomas: Denkmalstreit: Chancen für eine internationale Public History. In: Public History Weekly 5 (2017) 42, DOI: dx.doi.org/10.1515/phw-2017-10685.

Translated by Kurt Brügger swissamericanlanguageexpert

Redaktionelle Verantwortung
Christian Bunnenberg / Peter Gautschi

Copyright (c) 2017 by De Gruyter Oldenbourg and the author, all rights reserved. This work may be copied and redistributed for non-commercial, educational purposes, if permission is granted by the author and usage right holders. For permission please contact: elise.wintz (at) degruyter.com.


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DOI: dx.doi.org/10.1515/phw-2017-10685

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